Un gros «X­» sur des petits «o».

Qu’on y croit ou pas, qu’on en soit conscient ou non, nous sommes ce que nous mangeons.

En tant que parents, nous voulons, comme la majorité des parents, nourrir nos enfants du mieux possible, au mieux de nos connaissances.

Depuis plusieurs années, la possibilité d’aller chercher de l’information nutritionnelle a bien évoluée. Il est désormais obligatoire pour les fabricants et producteurs de produits alimentaires, d’inscrire la provenance du produit, la liste des ingrédients le composant dans la majorité des cas, et le risque possible d’allergies le cas échéant. Ce qui est sans contredit une belle avancée pour le consommateur intéressé.

En revanche, plus d’informations ne veut pas nécessairement dire plus de clarté, plus de connaissances transmises, ou plus de transparence non plus. Les compagnies de marketing s’en donnent à coeur joie depuis peu avec la mention «sans gluten» par exemple, et ce, même sur des produits qui n’ont jamais contenu une seule trace de céréales quelconques. Il en a été de même avec la mention «30% moins de sel» par exemple. Il aura fallu plusieurs années avant que les consommateurs réalisent que les produits vendus avec ce genre de mention ne contenaient que 30% moins de sel que la version originale du même produit, qui lui était déjà classé parmi les produits à éviter parce que trop salé pour le commun des mortels…  Même principe pour les listes d’ingrédients qui sont au vu et au su de tous maintenant… avec des termes chimiques imprononçables! Et qui s’étirent sur des côtés entiers de boîtes cartonnées… De quoi décourager bien du monde de lire ce que contient vraiment ce qu’ils veulent consommer.

Nous avons réglé une partie de ce problème d’informations chez-nous. Nous ne consommons pratiquement aucun produit des allées centrales des épiceries. Nous évitons donc une grande part de produits qui nous sont inconnus et qui entrent dans la «fabrication d’aliments». Les quantités incroyables de sucre, d’agents de conservation, d’additifs, de colorants et ainsi de suite, ne font donc pas partie de notre alimentation. Du moins, ils en sont réduits à une infime quantité. Ceci n’est qu’un des moyens que nous utilisons afin d’avoir un plus grand contrôle et une meilleure connaissance de ce qui compose nos repas, notre alimentation, et donc notre santé en général.

Mais, et il y a un mais, dans notre simplification alimentaire et notre recherche d’informations valides et de vérité, nous avons des failles. Nous ne sommes pas parfaits, loin de là! Nous nous améliorons constamment, mais la vie étant de ce qu’elle est, et notre condition d’humains étant ce qu’elle est aussi, il nous arrive d’en échapper une, comme on dit. Et une de nos plus grandes failles, et un de nos plus grands défis, nous les vivons avec nos enfants.

Ces derniers étant exposés à ce que d’autres enfants mangent à l’école, à ce que des membres de notre famille élargie leurs offrent lorsqu’ils les visitent, aux choix alimentaires de leur père une semaine sur deux, aux aliments offerts chez des amis, ou n’importe où ailleurs, il est parfois difficile pour eux de faire la part des choses entre ce dont ils ont besoin, ce qu’ils désirent, ce qui est bon ou mauvais pour eux, etc. Même en tant qu’adultes, la satisfaction et la gratification instantanée qu’apportent une collation chimique remplie de sucre ou un repas pris sur le pouce à la patate du coin, nous font facilement saliver lorsque l’appétit se fait sentir et il est difficile, voire parfois impossible, de résister à l’appel de la facilité et de la dépendance au sucre! Cette exposition à d’autres façons de faire étant bien normale, et de plus, parfois bénéfique (vu la fenêtre de découverte culturelle que la nourriture permet d’ouvrir assez souvent), c’est ici que le défi familial que cela nous fait vivre se présente: les enfants nous demandent parfois certains produits d’épicerie que nous n’avons pas l’habitude d’acheter. Et par demander, comprenez bien qu’on parle d’insistance majeure, voire, de harcèlement hebdomadaire pour arriver à leurs fins! 😉 De quoi user et faire fléchir n’importe qui!

Ce qui nous amène à la dernière expérience alimentaire de mes enfants… Après plusieurs semaines à nous faire la même demande, à se plaindre de l’absence de cet «aliment» en boîte dans notre maison, de la facilité qu’il apporte, sa consommation étant plus que simple, et d’une panoplie d’autres arguments (certains bidons et certains qu’on peut considérer comme semi valables) pour nous convaincre d’acheter le produit en question,  cette semaine, nous avons fléchi! Sans vouloir nommer de marque, vous reconnaîtrez aisément le produit lorsque je vous dirai que ces petits «o» de couleur, aux «saveurs de fruits» et dont l’oiseau présent sur la boîte est plus facilement reconnu par les enfants à cause de ces céréales, justement, qu’à cause de l’oiseau coloré qu’il est, tout simplement, n’ont en fait rien de commun avec des fruits, et ne sont qu’une bombe de sucre et de colorants alimentaires en boîte!

2672353485_9bcfa3f00f

Quelle ne fût pas leur joie de trouver la boîte dans le garde-manger, en revenant de l’école! Malgré ma joie à moi aussi de leur avoir fait plaisir, je n’en avais pas moins d’appréhensions sur ce que ça leur ferait de manger un truc aussi chimique.

La réaction ne s’est malheureusement pas faite attendre. Un seul bol de cette mixture qui n’existe sous aucune forme dans la nature, et mes enfants étaient devenus incontrôlables. Il était évident qu’eux-mêmes n’arrivaient plus à se contrôler non plus. Des cris, des coups, des grimaces, des sauts! Il n’y avait rien à leur épreuve! Incapables de s’arrêter, incapables de me regarder dans les yeux, incapables de ne pas bouger les pieds si j’en arrêtais un pour le maintenir devant moi un instant. Mon fils de 3 ans a même arraché le calorifère du mur! J’ai beau avoir 4 garçons et être habituée à un niveau d’énergie élevé quand ils s’y mettent, cela n’avait rien de comparable avec ce qu’ils étaient avant! Je me demandais combien de temps ça allait durer, et dans quel état ils allaient finir…

Plusieurs heures après avoir mangé leur bol de céréales, ils étaient encore comme des «super balls» qu’on aurait lancées à travers la maison. Ils avaient pris leur collation vers 3 heures de l’après-midi. Au souper, ils ne tenaient pas en place sur leur chaise, lançaient la nourriture, se criaient dessus, frappaient leur voisin, lançaient les ustensiles, et j’en passe. Quand l’heure du bain est arrivée, leur comportement a changé. Ils s’affalaient maintenant dans des crises de larmes incontrôlables et inexplicables. Mon fils de 8 ans a frôlé la crise d’anxiété et refusait de rester seul pour prendre son bain! C’est tout dire!

À 8 heures, au moment d’aller se coucher, un tremblait, l’autre tournait sur lui-même dans le lit, le plus vieux avait de la difficulté avec ses devoirs (qui étaient très faciles; il n’aurait pas demandé d’aide pour des choses si simples habituellement), et un autre se couvrait la tête avec les couvertures parce qu’encore en état d’anxiété élevé.

Je n’avais jamais vu mes enfants dans un état aussi chaotique. Et encore moins aussi instantanément!

Nous n’avions jamais vraiment fait de retour en arrière sur les aliments que nous avions retirés de notre alimentation depuis plusieurs années. Et il est important de mentionner, aussi, que mes enfants MANGENT du sucre dans leur alimentation régulière. Nous mettons notre confiture dans le yogourt que nous faisons, ou du sirop d’érable; nous sucrons avec du miel aussi; je mets du sucre blanc dans des recettes de desserts; il y en a aussi dans le pain que je fais; nous mangeons des fruits séchés tous les jours, et je cuisine des biscuits, des muffins, aux bananes, aux carottes, à l’avoine, au beurre d’arachides, à la mélasse, avec des morceaux de chocolat noir… Et pourtant. Ce seul bol de céréales aura eu l’effet d’une bombe sur eux!

Avant de monter se coucher, les deux plus vieux m’ont dit, sans que jamais je ne mentionne quoi que ce soit à propos du lien que je faisais entre leur collation et leur état: «Plus jamais maman! Plus jamais on achètera ces céréales!»

J’ai eu une soirée épuisante, c’est le cas de le dire. Mais pas autant qu’eux. Ils se sont couchés complètement lessivés, comme on dit. Et pourtant, je vais monter me coucher à mon tour dans quelques instants, avec le coeur un peu plus léger et une certaine fierté. Parce qu’ils auront constaté par eux-mêmes cette fois, l’effet bénéfique d’une alimentation simple et saine, en comparaison à des aliments fabriqués en usine et bourrés d’additifs inconnus de toute sorte. Je sais que je peux désormais, encore plus qu’avant, faire confiance à leur jugement en matière d’alimentation. Et moins douter de mes choix en matière d’éducation alimentaire. La leçon est apprise, il va sans dire! Et il n’y a pas de doute, nous avons définitivement fait un gros «X» sur ces petits «o»!

Jus de légumes maison.

23558892-Automne-corne-d-abondance-corne-d-abondance-de-fruits-et-de-l-gumes-Vecteur-Banque-d'images

Voilà. L’été tire à sa fin. Les jardins débordent littéralement de ce qu’on a regardé pousser doucement durant 3 mois, des fois plus.

Pour ne pas perdre une once de cette abondance (mis à part le fait de partager les fruits de nos récoltes avec nos amis et nos familles), il n’y a rien de mieux que la déshydratation des aliments, leur congélation et la mise en conserves pour nous donner un goût d’été tout l’hiver durant! 🙂

Le savoir se passant parfois d’une génération à l’autre et parfois pas, il serait facile, dans les deux cas, de faire des erreurs dans la méthode sécuritaire de mise en conserve.

Ma mère, en me partageant sa recette du meilleur jus de légumes au monde (recette qu’elle tenait de sa belle-mère, qui elle la tenait de sa mère, qui la tenait de… bref, voyez le tableau), m’a aussi transmis sa méthode de mise en conserve pour ladite recette. Après quelques recherches (et quelques erreurs aussi, je dois l’admettre), j’ai appris que les méthodes ancestrales n’avaient pas nécessairement bonne presse et qu’elles pouvaient même (et surtout) s’avérer dangereuses pour la santé.

En effet, nos mères et les leurs avaient souvent pour méthode de stérilisation de mettre les pots de verre au four. Ce qui n’est malheureusement pas suffisant pour stériliser des pots. Aussi, malgré que l’autoclave (gros chaudron avec un indicateur de pression) ait été breveté en 1820, il est malheureusement encore fréquent de se faire dire que toutes les recettes de conserves peuvent n’être cuites qu’à la marmite et que ce sera suffisant. Or, c’est loin d’être le cas. Le Ph d’une recette permet en fait de déterminer si nous devrons passer les pots à la marmite ou à l’autoclave après la mise en pots. Des bactéries telles que le botulisme (truc mortel, on joue pas avec la santé comme ça!) pouvant facilement se développer dans les pots si la stérilisation n’a pas été faite de façon adéquate, il est impératif de connaître les bonnes méthodes de stérilisation et de cuisson pour préserver notre propre santé et celle de nos proches.  Les sites de Vincent le canneux et de Bernardin sont deux des meilleures références à ce sujet, en plus de contenir d’innombrables recettes. Je vous conseille aussi deux groupes facebook gérés par de véritables pros de la mise en conserve sécuritaire. Le premier est ici et le second, ici. Avec tout ça, vous pouvez être certain-e de n’empoisonner personne! Je sais, vous me direz que vous avez toujours fait comme ça, ou comme ça, que votre mère aussi et ainsi de suite et que personne n’en est jamais mort. Je vous répondrai seulement que tout ce qui vient d’avant nous n’a pas toujours forcément été bon (même si en général on aime bien les petits trucs de nos grands-mères! ) et qu’il serait aussi stupide d’attendre que quelqu’un contracte le botulisme pour enfin changer sa façon de faire des conserves…

Bref, je vous partage donc aujourd’hui la recette (revisitée, testée et approuvée) du meilleur jus de légumes au monde! Fini les V8 au prix exorbitant qui goûtent le métal! Ce jus est un pur délice! En voici donc la recette. À go, on canne! GO! 😀

Vous aurez besoin de:

  • 1 caisse de tomates de 20-22 lbs
  • 2 petits poireaux
  • 4 branches de céleri
  • 5-6 carottes
  • 2 oignons blancs
  • 1/2 poivron vert
  • 2 grosses gousses d’ail
  • 1/4 t de sel
  • 1 tasse de sucre
  • jus de citron en bouteille

Pour stériliser vos pots avant, voici la méthode.

La veille, passez tous les légumes (sauf les tomates) au robot pour en faire presque de la purée. Couvrez, et mettez au frigo pour la nuit. Lavez vos tomates aussi.

Le lendemain, écoeurez les tomates et coupez-les en 6-8 ou 10 morceaux, en prenant soin d’enlever les parties meurtries.

Mettez quelques tomates et une partie des légumes hachés, dans une grande rôtissoire ou un grand chaudron en écrasant les tomates avec un pilon à patates. Portez à ébullition. Il faut que les tomates soient immédiatement et constamment en ébullition pour éviter que le jus se sépare. Ajoutez quelques tomates à la fois et une partie des légumes pour ne pas stopper l’ébullition. Ajoutez le sel et le sucre. Attention à ne pas faire coller le fond. Mijoter environ 5 minutes après le dernier ajout de tomates.

Passez le tout dans une presse à tomates. (Moi je repasse les restes une deuxième fois, à vous de voir.) Récupérez le jus.

Reportez le jus à ébullition.

Ajouter 1 c. à soupe de jus de citron par pot de 500 ml. 2 c. à s. pour des pots d’1 L.

Empotez chaud en laissant 1/2 pouce d’espace sous le goulot. Pour s’assurer de laisser le bon espace, voyez ceci. Éliminez les bulles d’air avec une spatule ou un bâton de plastique. Essuyez le rebord de vos pots et placez un couvercle que vous aurez gardé dans un chaudron d’eau bien chaude avec les bagues. Vissez la bague jusqu’au point de résistance sans forcer plus. Replacez le pot dans la marmite, recouvrez d’eau et faites bouillir 35 minutes si vous faîtes des pots de 500 ml, 40 minutes pour des pots d’1 L.

Lorsque le temps est terminé, laissez le bouillonnement s’arrêter, déposez les pots sur une planche de bois ou un linge et laissez refroidir durant 24 hrs sans bouger les pots. Vous pouvez ensuite retirer les bagues si vos pots sont bien scellés. Identifiez les pots avec la date, et rangez!

Voilà! Un jus de légumes qui goûtera frais l’été, tout au long de l’hiver! 😉

14193727_958368177618404_99526730_n

 

 

 

 

 

Pas besoin d’un nom…

Toute chose, ou tout concept, principe, élément, découlant du bien comme du mal, n’a pas besoin d’un nom pour exister…

Voilà le début d’une réflexion que je me suis faite en changeant la couche (de coton 😉 ) de mon petit viking ce matin.

Ce petit viking étant mon quatrième enfant (et non le dernier puisque bb5 est en route ❤ ), je me suis mise à penser à mon premier enfant, ma belle grande fille, la seule de mon  »équipe de soccer » d’ailleurs…

J’ai eu ma fille alors que je n’avais que 17 ans. Six jours après ma fête, très exactement. Pas la peine de perdre votre temps en jugements ici… Cette enfant était planifiée, voulue, désirée et a été ( et est encore!) aimée et soignée.

Cela étant dit, 17 ans, ça reste jeune, peu importe le projet entrepris. Quand on me disait qu’avoir un enfant ça changeait toute votre vie, je ne comprenais pas que le changement se passait beaucoup plus intérieurement et profondément qu’en surface et dans les activités du quotidien. Quoiqu’il y ait là aussi beaucoup de chamboulements, les plus grands et les plus importants se font direct dans les tripes, direct au coeur, direct dans l’essence même de ce que l’on est.

Sans savoir que je faisais comme la majorité des futurs parents, durant la grossesse je me suis mise à remettre en question l’héritage (éducationnel, moral, social, etc.), reçu de mes propres parents. J’en ai gardé, j’en ai laissé de côté, j’ai fait des choix. Beaucoup de choix. Sans jamais vraiment les nommer…

Par exemple, ma mère, comme beaucoup d’autres de sa génération, avait souffert (à tort ou à raison, là n’est pas la question) d’être née dans une grande famille (12 enfants) et d’avoir dû composer avec les maigres salaires de ses parents. Une des conséquences (ni bonne, ni mauvaise, cela n’est qu’un constat), a été de choisir des valeurs matérielles comme étant la base de ce qu’elle souhaitait offrir à ses enfants. Elle avait, à l’époque, durant sa première grossesse (moi ) pesé le pour et le contre de l’héritage reçu de ses propres parents, en a gardé et en a laissé, a fait sa petite valise et a construit sa vie. Du mieux qu’elle a pu, au mieux de ses connaissances et de ses capacités. Du moins on le souhaite! hihi! J’ai donc fait la même chose, en choisissant de ne pas mettre en avant plan ces mêmes valeurs matérielles. J’avais une autre conception de la vie, du rôle parental, de l’engagement que cela demandait, des sacrifices à faire, du temps à consacrer aux enfants, bref, je voyais ça autrement. Mais je ne mettais pas de mots sur les concepts auxquels je réfléchissais… Cependant, mes choix se définissaient, se concrétisaient doucement, faisant de plus en plus de sens au fur et à mesure que mes réflexions évoluaient.

Et puis ma fille est née. Et les changements internes se sont poursuivis, à vitesse grand V. Je me trouvais, me découvrais, dans cette relation, ce nouveau rôle. Je me définissais, je m’y sentais bien, de mieux en mieux avec le temps qui passait. Des décisions s’imposaient à moi alors que je n’y avais jamais pensé ni même porté attention. Comme d’allaiter. J’avais beau n’avoir que 17 ans, l’allaitement s’est présenté comme une évidence, une certitude, une conviction que je ne me connaissais pas jusque là. La petite devant être hospitalisée à la naissance pour un petit problème aux intestins et une jaunisse, j’ai tiré mon lait durant un peu plus de deux semaines, l’ai remis à la conseillère en allaitement de l’hôpital tous les jours durant son séjour, afin de m’assurer qu’elle aurait bien mon lait quand elle commencerait à se nourrir (elle était intubée en permanence…). La transition bouteille/allaitement a été difficile en sortant de l’hôpital, mais ça c’est une autre histoire! 😉

Puis, le manque d’espace aidant, le lit de bébé s’est retrouvé dans ma chambre. Toutes les nuits, quand elle se réveillait, je finissais par la garder avec moi dans mon lit afin de calmer ses douleurs au ventre plus facilement, plus efficacement et de réussir à mieux me reposer également. D’où me venait cette idée?! De ma grand-mère! Cette dernière, qui a eu 6 enfants, leur a tous permis de dormir dans son lit avec elle quand ils en avaient besoin. Son leitmotiv? – »J’aime mieux avoir 6 enfants dans mon lit et dormir un peu avec des enfants heureux, que d’avoir 6 enfants fatigués et au bout de leurs forces et moi au bout des miennes et ne pas dormir du tout! » Je trouvais que c’était tout simplement plein de bon sens!

En lien avec l’endormissement et le temps de sommeil, je me souviens m’être fait bercer, m’être fait chanter des chansons, m’être fait cajoler, au chaud, dans les bras de ceux qui prenaient soin de moi ❤ . À mon sens, il n’y avait pas d’autre façon d’endormir un bébé. Comme la cocotte avait eu des problèmes de bedon et qu’ils se sont poursuivis durant un moment dans sa vie, la porter sur moi, la tenir au chaud, la bercer, lui chanter des berceuses, la promener, ont fait partie de notre quotidien durant de longues années. J’ai cessé de chanter pour elle et de l’accompagner pour s’endormir alors qu’elle avait presque 12 ans… Elle s’en sentait rassurée, réconfortée, en sécurité, confortable et soulagée de ses douleurs. Et ce, malgré que d’autres enfants se soient ajoutés à la fratrie. Je ne me suis jamais posé de questions si c’était bien, mal, trop ou pas assez… C’était ce dont elle avait besoin, et je le lui offrais. Je faisais ma job comme on dit. Mais j’en retirais autant de bien-être qu’elle, puisque je la savais au meilleur de ce qu’elle pouvait ressentir.

Vint ensuite la question des aliments solides. En tant que parent d’un premier enfant, il est si facile de ne pas se faire confiance et de se mettre à se poser des milliers de questions sur le comment du pourquoi… Je n’y ai pas échappé. J’ai fait des erreurs. Comme nous en faisons tous. Mais le jour où j’ai compris que rien ne me servait de forcer mon enfant à manger, rien ne me servait de lui donner un horaire fixe pour les repas (ou de quoi que ce soit d’autre d’ailleurs), les choses se sont mises à se passer tellement mieux, tellement plus facilement et tellement plus respectueusement! Il aura encore une fois fallu cette vielle dame pour me faire remarquer que je ne mangeais pas la même chose à tous les petits déjeuners, ni à la même heure, ni selon la même quantité. Que quand je me relevais d’une nuit malade, je n’avais pas aussi faim que si j’étais en pleine forme. Que lorsqu’il faisait chaud j’avais moins faim, plus soif, plus envie de dormir et d’un peu moins m’activer au gros soleil toute la journée. Ces états de faits tout simples, si humbles et évidents, ne m’étaient jamais passés par l’esprit. À partir du moment où je les ai appliqués à ma fille, avec comme idée dirigeante qu’  »un enfant ne se laisse pas mourir de faim » (on exclu ici tout contexte de maladie grave, soyons réalistes svp…) les crises au moment des repas ont subitement cessé, mon stress est tombé, mon sentiment de culpabilité et mon besoin de contrôler aussi, et tout en a été facilité.

Il y a aussi cette attitude… Je me souviens d’une soirée chez des  »amis ». Little miss avait 8 ans je crois bien. Elle s’amusait avec les autres enfants (ces gens avaient 4 enfants). Ils jouaient tous au sous-sol, pendant que nous, les  »adultes », discutions dans la cuisine. La maman de ces enfants n’avait pas cessé de crier de la soirée! Elle criait pour qu’un des enfants l’entende du sous-sol et monte la voir, criait pour engueuler le plus grand qui avait cogné un plus petit, criait pour que sa plus jeune fille baisse le son de la musique, criait pour qu’ils viennent manger… Des cris à n’en plus finir! Un peu avant l’heure du repas, j’ai descendu quelques marches de l’escalier du sous-sol, et j’ai demandé à ma fille de venir me voir. Je n’ai pas eu besoin de crier, elle m’avait vue dans l’escalier. Je l’ai avisée que nous allions manger dans quelques minutes, de se préparer à monter. Le tout avec un câlin rapide et un sourire. Dix minutes plus tard, ma fille montait, seule et s’assoyait à la table pendant que l’autre maman hurlait pour que ses enfants viennent manger… Cette soirée m’a marquée ad vitam aeternam.

J’ai vieilli, eu d’autres enfants, lu, appris… J’ai su quelle importance avait l’allaitement. Autant au plan scientifique et biologique qu’émotionnel et cérébral. J’ai su que partout ailleurs qu’en Occident, les enfants partagent la couche de leurs parents et que cela se nomme le co-dodo. Que de tenir mes enfants dans mes bras de longues heures par jour, de les porter et les transporter sur moi, s’appelle le portage. Que de se fier à l’instinct de l’enfant pour le nourrir, de se fier à son appétit, à sa capacité motrice et à sa curiosité, sont les principes moteurs de la  »diversification menée par l’enfant » (DME). Que de ne pas crier sur mes enfants, de ne pas leur infliger de châtiments corporels, de ne pas les humilier, de les respecter, de me mettre à leur hauteur pour leur parler et de prendre le temps de leur expliquer les choses (les consignes autant que leurs questions sur la Vie), s’appelle l’éducation bienveillante.

Ces quelques principes, qui, malgré que je les ai par moments involontairement mis de côté et mis à l’épreuve selon certains contextes de ma vie, ont toujours été ce qui a motivé et guidé mon attitude et mes choix parentaux. Tous mes enfants en ont profité. Même le deuxième, mon 007, avec toutes les caractéristiques de ce que je sais aujourd’hui être un BABI (bébé aux besoins intenses), a bénéficié de cette patience, de ce portage, de ces câlins, de cet amour, peu importait l’heure du jour ou de la nuit où ils en a eu besoin. Tout cela se résume en une seule expression: le maternage proximal. Aujourd’hui je le sais. Mais ce n’est vraiment pas important. Toutes ces choses existaient sans que j’en connaisse le nom. Et elles existaient bien avant que la psychologie populaire y mette des noms et des étiquettes. Elles ont toujours existé et ont longtemps été guidées par l’instinct.

Malgré qu’aujourd’hui trop de parents en perdent leur latin avec toutes les recommandations, les conseils des beaux-parents, les jugements des autres, les livres bourrés de principes souvent faux voir dangereux, le maternage proximal et ses bienfaits reprennent du service et le dessus sur les méthodes de dressage du sommeil, sur l’éloignement dit volontaire d’entre la mère et son nouveau-né, sur la sur-médicalisation de la grossesse et de l’accouchement. Mais tout cela avait cours bien avant aujourd’hui. Bien avant qu’on en oublie notre instinct entre deux pages de bouquin, deux nuits blanches, deux bouchées de nourriture en pots… Pas besoin d’y mettre un nom, pour que ça existe… et pour en tirer des bienfaits. ❤

11768825_738273872961170_2068303635_o

Encore une recette!

Et oui! Encore une recette!

Après maintes et maintes tentatives pour trouver une recette de barres tendres qui plaise et à mon budget, et à mes idéaux d’alimentation ET à mes enfants, j’ai enfin trouvé quelque-chose qui pourrait bien s’avérer être ZE recette de barres tendres de ma famille! Hourraaaa!!! Mais bon… Calmos sur l’enthousiasme… Ils n’y ont goûté qu’aujourd’hui… Et y’a rien qui me dit que dans deux semaines ils ne vivront pas de crise hormono-gustativo-cérébrale (payant comme mot au scrabble! 😉 ) qui les fera détester à nouveau tout ce que je vais cuisiner, cette recette y compris! Mais pour l’instant, ça va, et ils en redemandent, alors on en profite! 😉

Voici donc la recette magique et SI SIMPLE de barres tendres (tous mes ingrédients sont bio, sauf le beurre):

  • 2 t de gruau
  • 1 t de graines de tournesol (écalées et non salées)
  • 1 t de raisins secs
  • 3/4 t grains de chocolat noir
  • 1/2 t graines de lin moulues
  • 1/2 t canneberges séchées
  • 1/2 t sucre de canne
  • 3/4 t beurre
  • 1 oeuf
  • 1 pincée de sel.

Tout mélanger dans un cul de poule. Graisser (ou mettre un papier parchemin) sur une plaque à cuisson, étaler, et cuire au four une dizaine de minutes, à 400°.

Les enfants ont A-D-O-R-É!!!

Seul hic, malgré que j’aie attendu que le tout soit vraiment bien refroidi avant de couper pour en faire des barres, ça a plutôt fait de gros morceaux. Ça ne restait pas en barres, mais au moins ça ne se défaisait pas complètement en crumble.

Alors voilà! Une vingtaine de minutes maximum et vous avez une bonne quantité de cette douceur à vous mettre sous la dent. 🙂

Bon appétit!

11006420_10153047859056702_5562851643600259405_n

Nouvelle maison, nouveau jardin!

IMG_1415[1]

Nous nous y sommes pris un peu tard cette année, mais nos semis sont enfin faits! 🙂

Dans notre optique d’un jardin en permaculture bio, nous avons choisi de ne pas acheter de plans de quoi que ce soit pour composer notre jardin. De connaître, de participer et d’être les instigateurs de toutes les étapes de notre alimentation (du moins pour ce qui est des fruits et des légumes et pour une partie de l’année seulement) était un des points fondamental de l’approche que nous souhaitions adopter, entre autres aussi, en ce qui concerne l’éducation que nous voulions offrir à nos quatre petites crapules avec ce projet. 😉

IMG_1414[1]

Nous avons d’abord choisi les graines (bio) des légumes que nous allions semer et des plantes avec lesquelles ils s’acoquinaient bien.

Un après-midi de temps à faire des semis avec les enfants (enfin, eux ils ont terminé plus vite que nous, fallait pas trop rêver quand même! 😉 ) et voici une partie du premier résultat:

IMG_1417[1]

Nous avons des dizaines de contenants de futurs plants, en plus de ce que nous allons planter en pleine terre. 🙂 Seule déception: pas d’arbres fruitiers. Par choix par contre. Ce sera pour une autre année! Nous aurons tout de même des fraises, des framboises, du cassis et des bleuets. 🙂 Sans compter les herbes, la lavande, la lobélie, et j’en passe!

C’est un réel bonheur de voir (déjà!) les germes de laitue se pointer le bout du nez dans nos contenants! Et tout autant de visualiser à quel endroit se trouvera le jardin dans la cour à chaque fois que je regarde par la fenêtre de la cuisine. 🙂

IMG_1412[1]

D’avoir la possibilité de partager tout cela avec les enfants, de leur apprendre que le pain ne pousse pas dans la terre (comme le montrent certaines pubs idiotes à souhait!), que les fraises ne sont pas supposées faire partie des étalages des supermarchés en plein hiver, mais qu’on devrait plutôt les congeler (entre autres) à la fin de l’été POUR en avoir au courant de l’hiver, de les voir ouvrir de grands yeux quand ils constatent que ce qu’ils ont planté est vivant et grandit et même de les voir se chamailler pour savoir qui vaporisera les semis chaque matin, est une chance que nous dégustons pleinement.

Tous ces savoirs, se perdent à une vitesse dramatiquement fulgurante. Nous voulons que nos enfants prennent conscience de l’importance de prendre soin de l’environnement, de l’importance d’une certaine auto-suffisance et surtout d’un gros bon sens qui malheureusement ne semble plus faire partie de ce que possède la population…

Quand nous allons au marché et que nous voyons une maman flanquée de trois marmots hyper turbulents et qui n’a dans son panier que des trucs genre pain blanc bourré de sucre, poudings au chocolat re-bourrés de sucre, coca-cola, biscuits, repas congelés et compagnie, nous ne pouvons nous empêcher de voir le lien DIRECT avec le comportement de ses enfants et de nous demander où sont les vrais aliments dans tout ça et à quelle fréquence et de quelle façon la cuisine se fait-elle chez-elle.

Évidemment que nos enfants bougent beaucoup eux aussi! Loin de moi l’idée de tomber dans le jugement ici! Mais un enfant en santé qui bouge, c’est différent d’un enfant mal nourri et sur-sucralisé (permettez-moi l’invention du terme!) qui ne sait plus se contenir parce qu’en manque constant de drogue (de sucre en réalité). Je trouve cela d’une tristesse écrasante et je déplore le manque de passation des savoirs.

J’ai eu la chance d’avoir près de moi des gens qui cuisinaient beaucoup, et, aussi bizarre que cela puisse paraître, la chance d’avoir manqué de sous dans ma vie. Tout cela m’a obligée à chercher la meilleure façon de manger possible. La moins chère aussi, pour nourrir mes enfants convenablement.

Je n’ai pas été élevée à la campagne, ni dans un grand restaurant, ni avec des parents qui prônaient les principes du bio et de l’environnement en général. Mais ils m’ont donné une excellente base à mettre dans ma petite valise d’enfant et en grandissant j’ai su utiliser les atouts dont ils m’avaient fait cadeau (sans le savoir peut-être). Je veux donc retransmettre ce précieux héritage à mes propres enfants.

À l’heure où la moitié de la planète crève de faim mais où on clame à qui mieux mieux qu’à elle seule l’Amérique du Nord pourrait combler je ne sais quelle portion astronomique de ce désastre alimentaire, il nous semble qu’il est temps d’y faire quelque-chose… La permaculture est, selon nous, la clé. Tout comme l’auto-suffisance partielle.

Sur ce, le soleil se lève. Je vais aller jeter un coup d’oeil dans ma cour, question de rêver éveillée encore un peu… 😉

1932498_506960519425841_5540948063420871969_o

 

Journée de pain :)

Hier était une journée de  »boulange » comme disaient nos grands-parents. Mon grand-père, qui travaillait comme cuisinier dans les camps de bûcherons, pouvait boulanger 100kg de farine en un seul jour!

Ici, dans ma cuisine, ça n’aura été que quelques tasses de la précieuse céréale qui auront été façonnées, mais qui nous auront tout de même donné 8 pains à trancher, 2 belles miches rondes et deux pains aux raisins 🙂 Avec 2 adultes et 4 enfants à nourrir, nous serons chanceux si nous arrivons à tenir 2 semaines! 🙂

Les brioches que j’avais prévu faire ont finalement dû être reportées à une autre fois… avec le bébé de 3 mois, parfois les horaires se font organiser bien différemment de ce que vous aviez prévu au départ… 😉 Voici donc en quelques images ma mini production. Ça sentait encore bon ce matin en me levant… 😉

IMG_1386IMG_1391IMG_1392IMG_1394

Comme plusieurs personnes me l’ont demandé, je vous met un lien vers la recette. Sachez qu’il existe autant de recettes pour faire du pain qu’il existe de types de farine… À vous d’en tester plusieurs et de trouver celle qui vous convient le mieux! Vous noterez que pour celle-ci, il y a trois levées à faire. Certaines méthodes et/ou certaines levures permettent de faire moins de levées et sont donc plus rapides. À vous de choisir. Moi j’aime bien y consacrer ma journée. 😉 Pour avoir ma recette de pain de campagne, cliquez ici  🙂 Bonne aventure et bon appétit! 🙂