Pour nos enfants.

Si vous lisez l’anglais, je republie ici un article plein de sens et de réalisme que j’ai trouvé ce matin, qui apporte une solution réelle qui portera ses fruits à long terme et qui résonne particulièrement fort pour moi avec ce que nous vivons en famille depuis quelques temps.

Voici donc 5 étapes pour réagir de façon à enfin arrêter le cycle de honte qui mène les enfants à agir de façon violente ou agressive, dans bien des situations. Accueillir l’enfant, accueillir l’émotion, la vôtre et la sienne, sont non seulement le point de départ, mais la base et la finalité de ce que nous recherchons tous: être reconnu et entendu, aimer et être aimé. ❤

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Bonne lecture! 🙂

 

Un gros «X­» sur des petits «o».

Qu’on y croit ou pas, qu’on en soit conscient ou non, nous sommes ce que nous mangeons.

En tant que parents, nous voulons, comme la majorité des parents, nourrir nos enfants du mieux possible, au mieux de nos connaissances.

Depuis plusieurs années, la possibilité d’aller chercher de l’information nutritionnelle a bien évoluée. Il est désormais obligatoire pour les fabricants et producteurs de produits alimentaires, d’inscrire la provenance du produit, la liste des ingrédients le composant dans la majorité des cas, et le risque possible d’allergies le cas échéant. Ce qui est sans contredit une belle avancée pour le consommateur intéressé.

En revanche, plus d’informations ne veut pas nécessairement dire plus de clarté, plus de connaissances transmises, ou plus de transparence non plus. Les compagnies de marketing s’en donnent à coeur joie depuis peu avec la mention «sans gluten» par exemple, et ce, même sur des produits qui n’ont jamais contenu une seule trace de céréales quelconques. Il en a été de même avec la mention «30% moins de sel» par exemple. Il aura fallu plusieurs années avant que les consommateurs réalisent que les produits vendus avec ce genre de mention ne contenaient que 30% moins de sel que la version originale du même produit, qui lui était déjà classé parmi les produits à éviter parce que trop salé pour le commun des mortels…  Même principe pour les listes d’ingrédients qui sont au vu et au su de tous maintenant… avec des termes chimiques imprononçables! Et qui s’étirent sur des côtés entiers de boîtes cartonnées… De quoi décourager bien du monde de lire ce que contient vraiment ce qu’ils veulent consommer.

Nous avons réglé une partie de ce problème d’informations chez-nous. Nous ne consommons pratiquement aucun produit des allées centrales des épiceries. Nous évitons donc une grande part de produits qui nous sont inconnus et qui entrent dans la «fabrication d’aliments». Les quantités incroyables de sucre, d’agents de conservation, d’additifs, de colorants et ainsi de suite, ne font donc pas partie de notre alimentation. Du moins, ils en sont réduits à une infime quantité. Ceci n’est qu’un des moyens que nous utilisons afin d’avoir un plus grand contrôle et une meilleure connaissance de ce qui compose nos repas, notre alimentation, et donc notre santé en général.

Mais, et il y a un mais, dans notre simplification alimentaire et notre recherche d’informations valides et de vérité, nous avons des failles. Nous ne sommes pas parfaits, loin de là! Nous nous améliorons constamment, mais la vie étant de ce qu’elle est, et notre condition d’humains étant ce qu’elle est aussi, il nous arrive d’en échapper une, comme on dit. Et une de nos plus grandes failles, et un de nos plus grands défis, nous les vivons avec nos enfants.

Ces derniers étant exposés à ce que d’autres enfants mangent à l’école, à ce que des membres de notre famille élargie leurs offrent lorsqu’ils les visitent, aux choix alimentaires de leur père une semaine sur deux, aux aliments offerts chez des amis, ou n’importe où ailleurs, il est parfois difficile pour eux de faire la part des choses entre ce dont ils ont besoin, ce qu’ils désirent, ce qui est bon ou mauvais pour eux, etc. Même en tant qu’adultes, la satisfaction et la gratification instantanée qu’apportent une collation chimique remplie de sucre ou un repas pris sur le pouce à la patate du coin, nous font facilement saliver lorsque l’appétit se fait sentir et il est difficile, voire parfois impossible, de résister à l’appel de la facilité et de la dépendance au sucre! Cette exposition à d’autres façons de faire étant bien normale, et de plus, parfois bénéfique (vu la fenêtre de découverte culturelle que la nourriture permet d’ouvrir assez souvent), c’est ici que le défi familial que cela nous fait vivre se présente: les enfants nous demandent parfois certains produits d’épicerie que nous n’avons pas l’habitude d’acheter. Et par demander, comprenez bien qu’on parle d’insistance majeure, voire, de harcèlement hebdomadaire pour arriver à leurs fins! 😉 De quoi user et faire fléchir n’importe qui!

Ce qui nous amène à la dernière expérience alimentaire de mes enfants… Après plusieurs semaines à nous faire la même demande, à se plaindre de l’absence de cet «aliment» en boîte dans notre maison, de la facilité qu’il apporte, sa consommation étant plus que simple, et d’une panoplie d’autres arguments (certains bidons et certains qu’on peut considérer comme semi valables) pour nous convaincre d’acheter le produit en question,  cette semaine, nous avons fléchi! Sans vouloir nommer de marque, vous reconnaîtrez aisément le produit lorsque je vous dirai que ces petits «o» de couleur, aux «saveurs de fruits» et dont l’oiseau présent sur la boîte est plus facilement reconnu par les enfants à cause de ces céréales, justement, qu’à cause de l’oiseau coloré qu’il est, tout simplement, n’ont en fait rien de commun avec des fruits, et ne sont qu’une bombe de sucre et de colorants alimentaires en boîte!

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Quelle ne fût pas leur joie de trouver la boîte dans le garde-manger, en revenant de l’école! Malgré ma joie à moi aussi de leur avoir fait plaisir, je n’en avais pas moins d’appréhensions sur ce que ça leur ferait de manger un truc aussi chimique.

La réaction ne s’est malheureusement pas faite attendre. Un seul bol de cette mixture qui n’existe sous aucune forme dans la nature, et mes enfants étaient devenus incontrôlables. Il était évident qu’eux-mêmes n’arrivaient plus à se contrôler non plus. Des cris, des coups, des grimaces, des sauts! Il n’y avait rien à leur épreuve! Incapables de s’arrêter, incapables de me regarder dans les yeux, incapables de ne pas bouger les pieds si j’en arrêtais un pour le maintenir devant moi un instant. Mon fils de 3 ans a même arraché le calorifère du mur! J’ai beau avoir 4 garçons et être habituée à un niveau d’énergie élevé quand ils s’y mettent, cela n’avait rien de comparable avec ce qu’ils étaient avant! Je me demandais combien de temps ça allait durer, et dans quel état ils allaient finir…

Plusieurs heures après avoir mangé leur bol de céréales, ils étaient encore comme des «super balls» qu’on aurait lancées à travers la maison. Ils avaient pris leur collation vers 3 heures de l’après-midi. Au souper, ils ne tenaient pas en place sur leur chaise, lançaient la nourriture, se criaient dessus, frappaient leur voisin, lançaient les ustensiles, et j’en passe. Quand l’heure du bain est arrivée, leur comportement a changé. Ils s’affalaient maintenant dans des crises de larmes incontrôlables et inexplicables. Mon fils de 8 ans a frôlé la crise d’anxiété et refusait de rester seul pour prendre son bain! C’est tout dire!

À 8 heures, au moment d’aller se coucher, un tremblait, l’autre tournait sur lui-même dans le lit, le plus vieux avait de la difficulté avec ses devoirs (qui étaient très faciles; il n’aurait pas demandé d’aide pour des choses si simples habituellement), et un autre se couvrait la tête avec les couvertures parce qu’encore en état d’anxiété élevé.

Je n’avais jamais vu mes enfants dans un état aussi chaotique. Et encore moins aussi instantanément!

Nous n’avions jamais vraiment fait de retour en arrière sur les aliments que nous avions retirés de notre alimentation depuis plusieurs années. Et il est important de mentionner, aussi, que mes enfants MANGENT du sucre dans leur alimentation régulière. Nous mettons notre confiture dans le yogourt que nous faisons, ou du sirop d’érable; nous sucrons avec du miel aussi; je mets du sucre blanc dans des recettes de desserts; il y en a aussi dans le pain que je fais; nous mangeons des fruits séchés tous les jours, et je cuisine des biscuits, des muffins, aux bananes, aux carottes, à l’avoine, au beurre d’arachides, à la mélasse, avec des morceaux de chocolat noir… Et pourtant. Ce seul bol de céréales aura eu l’effet d’une bombe sur eux!

Avant de monter se coucher, les deux plus vieux m’ont dit, sans que jamais je ne mentionne quoi que ce soit à propos du lien que je faisais entre leur collation et leur état: «Plus jamais maman! Plus jamais on achètera ces céréales!»

J’ai eu une soirée épuisante, c’est le cas de le dire. Mais pas autant qu’eux. Ils se sont couchés complètement lessivés, comme on dit. Et pourtant, je vais monter me coucher à mon tour dans quelques instants, avec le coeur un peu plus léger et une certaine fierté. Parce qu’ils auront constaté par eux-mêmes cette fois, l’effet bénéfique d’une alimentation simple et saine, en comparaison à des aliments fabriqués en usine et bourrés d’additifs inconnus de toute sorte. Je sais que je peux désormais, encore plus qu’avant, faire confiance à leur jugement en matière d’alimentation. Et moins douter de mes choix en matière d’éducation alimentaire. La leçon est apprise, il va sans dire! Et il n’y a pas de doute, nous avons définitivement fait un gros «X» sur ces petits «o»!

Playdate or not playdate?

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Depuis un bout de temps, je tombe sur une panoplie d’articles qui tournent tous autour du même sujet: les années ’80 et la nostalgie qui semble tous nous gagner quand on y repense.

C’est vrai que moi aussi des fois je me prends à comparer les années de mon enfance avec la vie de mes enfants ou celle des enfants de cette génération-ci en général. Moi aussi je me sens nostalgique de plein d’affaires, pis c’est vrai que la liste de  »me semble que c’était mieux dans le temps » s’allonge souvent longtemps dans ma tête quand je me mets à y réfléchir…

Mais bon! Comme mon grand-père disait: «Après l’heure, c’est pu l’heure!» Fack no need to cry ben ben longtemps, on y reviendra pas en tant que tel aux années ’80, malgré toutes les modes qui resurgissent ici et là.

Le dernier article en liste dans cette série de «nostalgie sociale» était un peu différent et m’a fait me questionner un peu plus, et c’est cette réflexion que je veux exposer.

Il y était question des playdates. Si vous êtes parent, vous savez très certainement de quoi je parle ici. Si non, des playdates sont des rencontres d’enfants, organisées par les parents, pour que les petits puissent jouer et «socialiser». Les parents se mettent un peu copain-copain avec d’autres parents qui ont des enfants dans un range d’âge similaire à celui de leurs enfants, settent une rencontre et BAM! Les enfants jouent (ou du moins, s’assoient un à côté de l’autre jusqu’à ce que la gêne des premiers moments disparaisse puis se mettent à jouer, selon le désir de bonne conscience des parents…) et les parents prennent une tisane ou un café (ou de quoi de plus fort si le burn-out parental est pas loin ou que les problèmes d’argent se pointent le bout du nez trop souvent de ce temps-là! )

Bref, les playdates, c’est vraiment la méthode de «comment se faire des amis» de notre époque. On est drôlement loin de celle des années ’80 qui était de te faire des amis en allant au parc ou pire (!) en jouant dans la rue ou la ruelle de ton coin. Et on est encore plus loin, à mon humble avis, de la célèbre méthode de Dale Carnegie! (Je vous épargne mes réflexions sur les aptitudes à socialiser des enfants, mais vous serez pas épargnés longtemps! Mes réflexions ne me font pas de cadeau ces temps-ci, et je risque de vous utiliser pour ventiler encore. 😉 )

Je me suis donc demandé, après ma lecture, si c’était vraiment comme ça pour tout le monde, pour tous les parents. Dans ma réflexion je me suis repassé que dans les années ’80 y’avait beaucoup plus d’enfants dehors que maintenant, mais maintenant c’est devenu tellement dangereux de te faire kidnapper ta progéniture direct dans sa poussette ou en virant le coin de la rue en bicycle, que les enfants doivent, soit être accompagnés de bodyguards surpayés, de parents aux dents acérées et aux réflexes de ninjas, ou alors porter un GPS sous forme de puce électronique sous-cutanée pour qu’on puisse les retrouver en cas de pépin… Et j’exagère à peine… La culture de la surprotection et de la peur entre dans les maisons à plein écran, difficile de ne pas se laisser affecter. (Pas que j’en sois adepte, mais c’est clairement une phobie sociale. À tort ou à raison, mais là n’est pas la question et c’est un autre sujet.)

Je me suis aussi repassé le temps assis devant la télé ou les jeux vidéos, la fatigue de leurs journées d’école, les horaires archi mongoles des parents ou leur «pas le goût» que leurs enfants aillent dehors-trop-loin-, la peur qu’ils attrapent un coup de soleil s’ils restent pas à l’ombre, qu’ils se noient dans la piscine non clôturée du voisin (ostis de voisins hein!?), qu’ils rencontrent par inadvertance le pusher de 14 ans qui fourni les enfants des clients de ses parents ( 😦 ) ou qu’ils jouent à touche-pipi quelque-part sous une structure de jeux d’un parc, etc, etc. Tout ce qui pourrait bien empêcher un enfant d’aller jouer dehors en 2016, quoi! Et c’est alors que je me suis demandé si les enfants socialisaient VRAIMENT à l’école. Et je me suis dit que s’ils socialisaient tant que ça, comment ça se faisait qu’on loadait (trop souvent) leur horaire avec des «activités parascolaires» (on voit bien ici que juste le terme démontre que tout tourne AUTOUR de l’école et non l’inverse…) et des playdates, justement. Et c’est aussi à ce moment que j’ai mentalement fait la comparaison avec les enfants scolarisés à domicile et la sacro-sainte question de la socialisation dont tout le monde (qui ne connait pas le sujet) parle et dont tout le monde a peur (parce que tsé, si il va pas à l’école OÙ C’EST QUI VA BEN POUVOIR SE FAIRE DES AMI-E-S, pauvre enfant!!!???). Je me suis aussi questionnée sur les critères exigés à chacun socialement, à chaque groupe, et évidemment, à la fameuse règle du «deux poids-deux mesures».

Parce que voici: Si on enlève la tendance parentale post-moderne d’être un «parent hélicoptère» (vive la psycho pop et ses termes de fond de garde-robe…) ou un wonder parent (ou whatever-the-parenting-super-power-over-organising-over-protecting-every-single-shit-our-kids-do), si on enlève ça, donc, on se retrouve avec des enfants qui, en allant à l’école POUR SOCIALISER, ne socialisent pas tant que ça, À L’ÉCOLE. Et inversement, on se retrouve aussi avec des enfants qui, selon le discours populaire, ne socialiseront pas parce qu’ils ne vont pas à l’école, qui, en fait, socialisent souvent plus que les enfants d’école… Voyons voir:

Les enfants commencent leur journée dans la cour de récré où ils passent en moyenne une dizaine, voire une quinzaine de minutes max, après être débarqués de l’autobus dans lequel ils n’ont pas le droit de se retourner pour parler au dude ou à la dudette assis-e derrière (fack fais sûr d’aimer celui ou celle assis dans le même banc que toi! Parce que sinon tu jaseras pas fort sur ton 45 minutes de trajet!) Vient ensuite le temps passé dans les casiers où ils n’ont pas LE TEMPS de parler, parce que t’as les surveillants qui leur poussent-dans-le-derrière-pour-qu’ils-perdent-pas-de-temps-parce qu’il-faut-vite-aller-prendre-son-rang-EN-SILENCE. Tsé, faut quand même respecter l’horaire! Ensuite y’a le temps passé accoté au mur, en rang, en silence, parce que y’en a deux dans le rang qui  »font les pies » et que le ou la prof a décidé de faire poiroter toute la classe pour jouer sur le sentiment de culpabilité des deux criminels du verbe afin qu’ils prennent conscience que mieux vaut écouter la maîtresse et se tenir la langue entre les dents, sinon les copains nous aiment pu…  On a ensuite le moment d’entrée dans la classe. Là, le bordel pogne! Tout le monde fait du bruit avec sa chaise, son sac pis son bureau, fack ça donne le signal que vu qu’y a du bruit, t’as le droit de parler. ( Je nommerais ce moment l’équivalent de la première tasse de café au bureau avant de commencer officiellement ta journée.) Et là t’as la prof qui flash les lumières après avoir essayé 3 fois de dire qu’il fallait faire silence, sans résultat, il va sans dire. Signal fatidique. La prof pète une coche (elle a juste un café dans le corps, on l’excuse) et tout le monde doit gentiment coucher sa tête sur ses bras sur son pupitre et encore attendre que les deux gnoufs du rang arrêtent de rire encore une fois… On réussit tant bien que mal à passer à travers l’heure suivante. Les enfants se font avertir des dizaines de fois de se taire et de pas parler pendant que la maîtresse explique au tableau.  Malheur à celui ou celle qui aura envie de pipi avant la pause-récré aussi. Suit la dite récré. Tout le monde se lâche lousse, se fesse dessus parce que pu capable de contrôler le trop plein d’énergie, se chicane ou shoot le ballon-chasseur trop fort s’a tête du premier de l’autre équipe. Ils se font pogner par la surveillante, et se font traîner dans le «rond de la résolution des conflits» pour régler la chicane, parce qu’on est pas assez outillés en tant qu’adultes pour comprendre que c’est pas par méchanceté mais par overhead de gaz à dépenser qu’ils agissent ainsi. Autre pause et accalmie forcée… On retourne maintenant en classe! (Faut ben aller apprendre de quoi, tsé!) En rang (encore), en silence (encore!). Même manège qu’au matin… Le dîner se pointe, et devinez?! Pas le droit de parler durant le 20 minutes que t’as pour manger, parce que tu pourrais ne pas avoir fini avant que ce soit ton tour d’aller dehors et donc retarder ou ralentir toute la super organisation que l’école s’est forcée à monter pour contrer le fait que y’a trop d’élèves pour la grandeur de la café et qu’il faut donc faire deux groupes de dîner… (et ça c’est sans compter le fait que plusieurs enfants dînent dans la bibli et d’autres dans leur classe respective… bref, un autre sujet aussi…) La récré, ses ballons, ses accrocs et ses chicanes recommence. Mêmes bobos, même rond de fausse réconciliation forcée, same shit, different day. Un autre après-midi se passe dans le calme et en silence dans les classes sauf quand vient le temps de travailler en équipe. Et attention! C’est le prof qui choisi le co-oéquipier, parce que sinon tu pick ton meilleur chum pis tu parleras pas du sujet de recherche mais bien de n’importe quoi d’autre! Alors apprends à travailler avec du monde qu’on t’impose, en chuchotant sur un seul sujet précis, imposé aussi. La trop longue journée finit enfin. Et on retourne se taper un autre 45 minutes de bus, en regardant EN AVANT SVP!  (Pis juste d’avoir écrit tout ça j’en suis tannée, c’est tout dire. :p ) Les enfants retournent enfin chez-eux pour se taper une bonne heure (minimum) de devoirs et d’étude, assis tranquilles sur leur chaise de cuisine, quand ils doivent pas rester tard au service de garde… ( Au moins, là, ils peuvent parler!) Tout ça sans compter les sorties scolaires (qui n’existent plus, soit dit en passant. Et inutile de me parler de budget réduit, je suis consciente de tout ça.) durant lesquelles il est aussi très souvent interdit de parler, dépendant de la sortie.

PATHÉTIQUE! Et d’une tristesse!

Survient la NÉCESSITÉ de faire du sport (surtout que d’une année à l’autre y’a de moins en moins de temps d’éduc à l’école). On inscrit donc les petits loups au soccer, à la danse, à la piscine. Peuvent pas plus parler quand le moniteur explique, mais au moins ils font de quoi d’autre que d’être à l’école, right? Faut se donner bonne conscience de les faire dépenser leur jus un peu! On les laisse pas jouer dehors, tsé!

Et comme ils ont un agenda digne de celui du premier ministre et qu’ils ont (en plus de toutes les excuses raisons pour pas aller jouer dehors énoncées précédemment) pu le temps d’aller jouer dehors et DE SE FAIRE DES AMI-E-S, des ami-e-s qu’ils auront choisi-e-s et avec lesquel-le-s ils auront des points communs et avec qui ils discuteront d’idées, de projets, de plaisirs, de plans-machiavéliques-pour-réussir-à-se-rendre-l’autre-bord-de-la-track-de-trains-en-bicycle-sans-se-faire-pogner-par-les-grands-de-la-gang-de-la-rue-X, ben on organise des playdates pour s’assurer qu’ils socialisent assez… Comme ça, ça fit mieux dans l’horaire surchargé de toute la petite famille…

Et on the other hand, t’as les enfants qui font l’IEF (instruction en famille). Enfants dont tous les intervenants sociaux et scolaires sont soudainement hautement inquiets quant à leur impossibilité de socialiser suffisamment s’ils ne vont pas à l’école. La famille élargie aussi, du jour au lendemain, se préoccupe, en premier lieu, de cet aspect de la vie des enfants. Et c’est souvent le premier argument contre l’IEF en général.

Pourtant, les enfants scolarisés à domicile ont accès à des groupes de soutien qui font des sorties, des activités et ont de nombreuses occasions de s’y rallier. Ils s’y font des VRAI-E-S ami-e-s, avec lesquels les parents organiseront d’autres sorties éducatives et d’agrément, auxquelles les autres familles du groupe de soutien se rallieront elles aussi. Et tout ça ne se fera pas dans un silence coi, il va sans dire! Ils font eux aussi des activités sportives organisées par les municipalités et y fréquentent donc les enfants qui vont à l’école (savez, ces activités où les enfants d’école se font inscrire pour faire autre chose qu’être assis sur un banc d’école? 😉 ) et cela sans compter le temps passé en famille qui est plus grand que pour ceux qui vont à l’école.

Après avoir entendu beaucoup de récits très inquiétants sur l’intervention, les arguments, les jugements de valeur et les pouvoirs pris par les commissions scolaires, les intervenants et les directions des écoles de quartier, la famille élargie et la DPJ, je me demande quels sont les VRAIS critères sur lesquels se base tout ce beau monde pour déterminer si un enfant socialise «bien» et «assez». Si l’intérêt de l’enfant est vraiment le point central de toute intervention. Et de ça, j’en doute, malheureusement. Je dirais que ce principe sert justement plus souvent de façade à un power trip malsain et à l’application de ce fameux deux poids – deux mesures que je mentionnais plus haut. Parce que malgré que les enfants scolarisés en famille aient accès à, et profitent de plus de temps de socialisation réelle que les enfants d’école, l’argument de la socialisation insuffisante ne quitte pas le court paysage de ceux qui se permettent de juger ces mêmes familles. Et malgré qu’inversement on vante l’instruction publique, une observation objective de la situation permet de rapidement constater que le manque de fonds et les méthodes de «contrôle de la foule» appliqués sont loin, non seulement d’arriver à la cheville de ce qui est exigé des familles d’IEF, mais également de répondre aux besoins des enfants eux-mêmes. Et on skip ici le sujet des nombreux diagnostiques de TDA avec ou sans H.

Le but de tout ça est pas de juger péjorativement les parents. Tout le monde fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. Et pareil pour les diagnostiques médicaux. Je fais le lien avec le manque d’air frais, le lâcher-lousse et de temps non structuré parce que j’y vois une réelle corrélation; mais je sais très bien que pour certains enfants ce lien n’existe pas malheureusement, et que la médication est on ne peut plus nécessaire.

Je pointe en fait trois choses. La première: ne courez pas vous racheter de câlinours, de pouliches et cessez de vous acheter des camions qui vous font ressembler à vos jouets GI Joe de votre enfance (et qui en plus polluent comme dix!). Tout ça n’est qu’une mode et les années ’80 sont bel et bien révolues! 😉

La deuxième: que la socialisation d’un enfant peut en partie passer par l’intervention de ses parents avec des playdates (on passera pas à côté du post-modernisme et des agendas surchargés non plus), mais qu’elle doit aussi se faire autrement, librement, sans intervention parentale. Livin’ the life! Ya’ know? En s’enfargeant dans les fleurs du tapis pour réussir à parler à un enfant qu’on ne connaît pas, en se faisant revirer de bord des fois, (pas trop souvent, on se le souhaite!), en développant des vraies amitiés qui dureront dans le temps parce que basées sur des ressemblances fondamentales communes (la beauté de l’âme, vous me suivez?).

Et la troisième: qu’il existe bel et bien au sujet des enfants scolarisés à domicile comme sur de trop nombreux autres sujets, une règle non-écrite de deux poids –  deux mesures. Les critères exigés à certains groupes comme étant des normes sociales de base à atteindre pour «convenir», sont souvent largement supérieurs à ce qui est exigé à d’autres groupes plus «privilégiés». Pour n’en nommer que quelques-uns, les standards exigés aux mères sont disproportionnés en comparaison de ce qui est exigé aux pères, pareil pour les gens vivant sous le seuil de la pauvreté à qui il est demandé de «faire leur part» quant aux coupures nécessaires et aux riches qui bénéficient de largesses éhontées pour ne pas payer d’impôt. Vous voyez le portrait. Et le tableau est large, on le sait tous.

Alors l’idée c’est d’avoir conscience de tout ça, pour ne pas se laisser étouffer par des agendas trop chargés trop longtemps, pour ne pas vivre dans le passé sans profiter de ce qu’il y a de beau dans notre époque et pour ne pas être aveuglés par des jugements trop faciles à porter.

Voilà.

J’avais la tête pleine après ma lecture matinale et je devais lâcher du lest un brin. Maintenant que c’est fait, je retourne passer du temps avec mes petites crapules. On va aller socialiser un peu au parc après le dîner. 😉

Bonne journée, et bonne réflexion à vous! 🙂

 

 


 

Baume à lèvres maison.

Mon petit M. Bonheur (qui aura 8 ans dans quelques semaines) souffre de nombreux stress et d’une nervosité grandissante depuis janvier 2015. Un événement majeur a chamboulé notre vie familiale à ce moment et malgré que toute ma petite famille fasse de son mieux pour gérer la situation, personne n’arrive à s’y adapter réellement et tout le monde paye le prix fort… Mais M. Bonheur est le pire d’entre tous je crois bien et M. Bonheur ne file plus du tout le petit bonheur qui lui était si caractéristique. Il est maintenant aux prises avec plusieurs tics nerveux, dont celui de se licher les lèvres à outrance. Voyez:

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Mais! Qu’à cela ne tienne! Notre amour pour ce bel enfant étant sans limite, les baumes à lèvres des commerces étant clairement inefficaces et trop chers et notre famille ne reculant devant rien, nous nous sommes attaqués au problème sous un autre angle, à savoir: l’angle du naturel et du fait maison! 🙂

Après quelques recherches aisées et l’aide de sources fiables, il fût décidé que nous ferions nous-mêmes notre baume à lèvres pour guérir ce joli minois! Nous nous sommes donc procurés les quelques ingrédients nécessaires dans un supermarché santé. Nous avons aussi déniché des tubes et des pots neufs à cet effet. (Sachez que nous avons choisi d’acheter nos contenants neufs, mais il est aussi possible de recycler et réutiliser des contenants que vous possédez déjà, cela va de soi!)

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Malgré une recette très simple, des ingrédients de qualité et mon expérience en cuisine, je dois avouer que je me sentais nerveuse à l’idée de peut-être rater une quantité appréciable d’or fait maison qui devait littéralement sauver la peau de mon fils par-dessus le marché. J’ai donc choisi de limiter mes quantités, quitte à devoir faire une deuxième recette.

Après quelques minutes de fonte, l’ajout des huiles et autres ingrédients, quelques secondes pour couler le tout dans les tubes et les pots et quelques heures à laisser le tout durcir et refroidir, notre première recette de baume à lèvres maison avait vu le jour et n’attendait que M. Bonheur à son retour de l’école pour être testée sur le principal intéressé!

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Verdict: Adopté! Yeeahh! 😀

Comme nous faisions la recette pour la première fois, nous nous sommes fié sur les quantités d’autres recettes maison trouvées sur le net. Mais tout n’était pas parfaitement au point. Notre baume s’est avéré être plutôt solide après le temps de refroidissement et un peu difficile à appliquer. Nous avons compris que nous avions mis trop de cire d’abeille (ingrédient de base de notre recette) et que la proportion aurait dû être égale à celle du beurre de cacao. Nous avons donc modifié les quantités de la recette que nous vous donnons ici, dans ce but. Sachez donc que plus vous mettrez de cire d’abeille, plus le baume sera dur et difficile à étendre sur les lèvres.

Somme toute, l’expérience a vraiment été agréable et enrichissante.

Pour ce qui est de la guérison de mon petit bonhomme, lui qui s’étalait près de la moitié d’un  »lypsil » sur les lèvres des dizaines de fois par jour, n’en a mis que 2 fois entre son heure de dîner et l’heure du dodo. Il est encore trop tôt pour bien évaluer l’efficacité réparatrice du produit, mais il dit en aimer la texture, l’odeur et le fait de ne pas sentir le besoin d’en remettre aux 10 minutes! Ce qui est tout de même une bonne moyenne au bâton! hihi!

Voici donc la recette. Les quantités nommées vous donneront environ de 8 à 10 bâtonnets de baume.

  • 30g de cire d’abeille
  • 30g de beurre de cacao
  • Une dizaine de gouttes de teinture de calendule
  • Une dizaine de gouttes d’huile essentielle de votre choix (attention aux huiles d’orange amère, de citron ou de pamplemousse qui sont photosensibilisantes)
  • 1/2 c à thé de vitamine E.

Dans un bain-marie et à feu moyen-élevé, faites fondre la cire d’abeille et le beurre de cacao. Lorsque tout est fondu, retirez du feu et ajoutez les autres ingrédients. Versez dans les tubes à l’aide d’un petit entonnoir ou d’un contenant à bec verseur. Attention, ça durcit assez vite! Laissez refroidir à température ambiante durant quelques heures et vos baumes-maison-écolos-bios seront prêts à être utilisés!

À votre tour! 🙂

P.S: Ces cosmétiques n’ont pas été testés sur des animaux. 😉

 

Pas besoin d’un nom…

Toute chose, ou tout concept, principe, élément, découlant du bien comme du mal, n’a pas besoin d’un nom pour exister…

Voilà le début d’une réflexion que je me suis faite en changeant la couche (de coton 😉 ) de mon petit viking ce matin.

Ce petit viking étant mon quatrième enfant (et non le dernier puisque bb5 est en route ❤ ), je me suis mise à penser à mon premier enfant, ma belle grande fille, la seule de mon  »équipe de soccer » d’ailleurs…

J’ai eu ma fille alors que je n’avais que 17 ans. Six jours après ma fête, très exactement. Pas la peine de perdre votre temps en jugements ici… Cette enfant était planifiée, voulue, désirée et a été ( et est encore!) aimée et soignée.

Cela étant dit, 17 ans, ça reste jeune, peu importe le projet entrepris. Quand on me disait qu’avoir un enfant ça changeait toute votre vie, je ne comprenais pas que le changement se passait beaucoup plus intérieurement et profondément qu’en surface et dans les activités du quotidien. Quoiqu’il y ait là aussi beaucoup de chamboulements, les plus grands et les plus importants se font direct dans les tripes, direct au coeur, direct dans l’essence même de ce que l’on est.

Sans savoir que je faisais comme la majorité des futurs parents, durant la grossesse je me suis mise à remettre en question l’héritage (éducationnel, moral, social, etc.), reçu de mes propres parents. J’en ai gardé, j’en ai laissé de côté, j’ai fait des choix. Beaucoup de choix. Sans jamais vraiment les nommer…

Par exemple, ma mère, comme beaucoup d’autres de sa génération, avait souffert (à tort ou à raison, là n’est pas la question) d’être née dans une grande famille (12 enfants) et d’avoir dû composer avec les maigres salaires de ses parents. Une des conséquences (ni bonne, ni mauvaise, cela n’est qu’un constat), a été de choisir des valeurs matérielles comme étant la base de ce qu’elle souhaitait offrir à ses enfants. Elle avait, à l’époque, durant sa première grossesse (moi ) pesé le pour et le contre de l’héritage reçu de ses propres parents, en a gardé et en a laissé, a fait sa petite valise et a construit sa vie. Du mieux qu’elle a pu, au mieux de ses connaissances et de ses capacités. Du moins on le souhaite! hihi! J’ai donc fait la même chose, en choisissant de ne pas mettre en avant plan ces mêmes valeurs matérielles. J’avais une autre conception de la vie, du rôle parental, de l’engagement que cela demandait, des sacrifices à faire, du temps à consacrer aux enfants, bref, je voyais ça autrement. Mais je ne mettais pas de mots sur les concepts auxquels je réfléchissais… Cependant, mes choix se définissaient, se concrétisaient doucement, faisant de plus en plus de sens au fur et à mesure que mes réflexions évoluaient.

Et puis ma fille est née. Et les changements internes se sont poursuivis, à vitesse grand V. Je me trouvais, me découvrais, dans cette relation, ce nouveau rôle. Je me définissais, je m’y sentais bien, de mieux en mieux avec le temps qui passait. Des décisions s’imposaient à moi alors que je n’y avais jamais pensé ni même porté attention. Comme d’allaiter. J’avais beau n’avoir que 17 ans, l’allaitement s’est présenté comme une évidence, une certitude, une conviction que je ne me connaissais pas jusque là. La petite devant être hospitalisée à la naissance pour un petit problème aux intestins et une jaunisse, j’ai tiré mon lait durant un peu plus de deux semaines, l’ai remis à la conseillère en allaitement de l’hôpital tous les jours durant son séjour, afin de m’assurer qu’elle aurait bien mon lait quand elle commencerait à se nourrir (elle était intubée en permanence…). La transition bouteille/allaitement a été difficile en sortant de l’hôpital, mais ça c’est une autre histoire! 😉

Puis, le manque d’espace aidant, le lit de bébé s’est retrouvé dans ma chambre. Toutes les nuits, quand elle se réveillait, je finissais par la garder avec moi dans mon lit afin de calmer ses douleurs au ventre plus facilement, plus efficacement et de réussir à mieux me reposer également. D’où me venait cette idée?! De ma grand-mère! Cette dernière, qui a eu 6 enfants, leur a tous permis de dormir dans son lit avec elle quand ils en avaient besoin. Son leitmotiv? – »J’aime mieux avoir 6 enfants dans mon lit et dormir un peu avec des enfants heureux, que d’avoir 6 enfants fatigués et au bout de leurs forces et moi au bout des miennes et ne pas dormir du tout! » Je trouvais que c’était tout simplement plein de bon sens!

En lien avec l’endormissement et le temps de sommeil, je me souviens m’être fait bercer, m’être fait chanter des chansons, m’être fait cajoler, au chaud, dans les bras de ceux qui prenaient soin de moi ❤ . À mon sens, il n’y avait pas d’autre façon d’endormir un bébé. Comme la cocotte avait eu des problèmes de bedon et qu’ils se sont poursuivis durant un moment dans sa vie, la porter sur moi, la tenir au chaud, la bercer, lui chanter des berceuses, la promener, ont fait partie de notre quotidien durant de longues années. J’ai cessé de chanter pour elle et de l’accompagner pour s’endormir alors qu’elle avait presque 12 ans… Elle s’en sentait rassurée, réconfortée, en sécurité, confortable et soulagée de ses douleurs. Et ce, malgré que d’autres enfants se soient ajoutés à la fratrie. Je ne me suis jamais posé de questions si c’était bien, mal, trop ou pas assez… C’était ce dont elle avait besoin, et je le lui offrais. Je faisais ma job comme on dit. Mais j’en retirais autant de bien-être qu’elle, puisque je la savais au meilleur de ce qu’elle pouvait ressentir.

Vint ensuite la question des aliments solides. En tant que parent d’un premier enfant, il est si facile de ne pas se faire confiance et de se mettre à se poser des milliers de questions sur le comment du pourquoi… Je n’y ai pas échappé. J’ai fait des erreurs. Comme nous en faisons tous. Mais le jour où j’ai compris que rien ne me servait de forcer mon enfant à manger, rien ne me servait de lui donner un horaire fixe pour les repas (ou de quoi que ce soit d’autre d’ailleurs), les choses se sont mises à se passer tellement mieux, tellement plus facilement et tellement plus respectueusement! Il aura encore une fois fallu cette vielle dame pour me faire remarquer que je ne mangeais pas la même chose à tous les petits déjeuners, ni à la même heure, ni selon la même quantité. Que quand je me relevais d’une nuit malade, je n’avais pas aussi faim que si j’étais en pleine forme. Que lorsqu’il faisait chaud j’avais moins faim, plus soif, plus envie de dormir et d’un peu moins m’activer au gros soleil toute la journée. Ces états de faits tout simples, si humbles et évidents, ne m’étaient jamais passés par l’esprit. À partir du moment où je les ai appliqués à ma fille, avec comme idée dirigeante qu’  »un enfant ne se laisse pas mourir de faim » (on exclu ici tout contexte de maladie grave, soyons réalistes svp…) les crises au moment des repas ont subitement cessé, mon stress est tombé, mon sentiment de culpabilité et mon besoin de contrôler aussi, et tout en a été facilité.

Il y a aussi cette attitude… Je me souviens d’une soirée chez des  »amis ». Little miss avait 8 ans je crois bien. Elle s’amusait avec les autres enfants (ces gens avaient 4 enfants). Ils jouaient tous au sous-sol, pendant que nous, les  »adultes », discutions dans la cuisine. La maman de ces enfants n’avait pas cessé de crier de la soirée! Elle criait pour qu’un des enfants l’entende du sous-sol et monte la voir, criait pour engueuler le plus grand qui avait cogné un plus petit, criait pour que sa plus jeune fille baisse le son de la musique, criait pour qu’ils viennent manger… Des cris à n’en plus finir! Un peu avant l’heure du repas, j’ai descendu quelques marches de l’escalier du sous-sol, et j’ai demandé à ma fille de venir me voir. Je n’ai pas eu besoin de crier, elle m’avait vue dans l’escalier. Je l’ai avisée que nous allions manger dans quelques minutes, de se préparer à monter. Le tout avec un câlin rapide et un sourire. Dix minutes plus tard, ma fille montait, seule et s’assoyait à la table pendant que l’autre maman hurlait pour que ses enfants viennent manger… Cette soirée m’a marquée ad vitam aeternam.

J’ai vieilli, eu d’autres enfants, lu, appris… J’ai su quelle importance avait l’allaitement. Autant au plan scientifique et biologique qu’émotionnel et cérébral. J’ai su que partout ailleurs qu’en Occident, les enfants partagent la couche de leurs parents et que cela se nomme le co-dodo. Que de tenir mes enfants dans mes bras de longues heures par jour, de les porter et les transporter sur moi, s’appelle le portage. Que de se fier à l’instinct de l’enfant pour le nourrir, de se fier à son appétit, à sa capacité motrice et à sa curiosité, sont les principes moteurs de la  »diversification menée par l’enfant » (DME). Que de ne pas crier sur mes enfants, de ne pas leur infliger de châtiments corporels, de ne pas les humilier, de les respecter, de me mettre à leur hauteur pour leur parler et de prendre le temps de leur expliquer les choses (les consignes autant que leurs questions sur la Vie), s’appelle l’éducation bienveillante.

Ces quelques principes, qui, malgré que je les ai par moments involontairement mis de côté et mis à l’épreuve selon certains contextes de ma vie, ont toujours été ce qui a motivé et guidé mon attitude et mes choix parentaux. Tous mes enfants en ont profité. Même le deuxième, mon 007, avec toutes les caractéristiques de ce que je sais aujourd’hui être un BABI (bébé aux besoins intenses), a bénéficié de cette patience, de ce portage, de ces câlins, de cet amour, peu importait l’heure du jour ou de la nuit où ils en a eu besoin. Tout cela se résume en une seule expression: le maternage proximal. Aujourd’hui je le sais. Mais ce n’est vraiment pas important. Toutes ces choses existaient sans que j’en connaisse le nom. Et elles existaient bien avant que la psychologie populaire y mette des noms et des étiquettes. Elles ont toujours existé et ont longtemps été guidées par l’instinct.

Malgré qu’aujourd’hui trop de parents en perdent leur latin avec toutes les recommandations, les conseils des beaux-parents, les jugements des autres, les livres bourrés de principes souvent faux voir dangereux, le maternage proximal et ses bienfaits reprennent du service et le dessus sur les méthodes de dressage du sommeil, sur l’éloignement dit volontaire d’entre la mère et son nouveau-né, sur la sur-médicalisation de la grossesse et de l’accouchement. Mais tout cela avait cours bien avant aujourd’hui. Bien avant qu’on en oublie notre instinct entre deux pages de bouquin, deux nuits blanches, deux bouchées de nourriture en pots… Pas besoin d’y mettre un nom, pour que ça existe… et pour en tirer des bienfaits. ❤

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Encore une recette!

Et oui! Encore une recette!

Après maintes et maintes tentatives pour trouver une recette de barres tendres qui plaise et à mon budget, et à mes idéaux d’alimentation ET à mes enfants, j’ai enfin trouvé quelque-chose qui pourrait bien s’avérer être ZE recette de barres tendres de ma famille! Hourraaaa!!! Mais bon… Calmos sur l’enthousiasme… Ils n’y ont goûté qu’aujourd’hui… Et y’a rien qui me dit que dans deux semaines ils ne vivront pas de crise hormono-gustativo-cérébrale (payant comme mot au scrabble! 😉 ) qui les fera détester à nouveau tout ce que je vais cuisiner, cette recette y compris! Mais pour l’instant, ça va, et ils en redemandent, alors on en profite! 😉

Voici donc la recette magique et SI SIMPLE de barres tendres (tous mes ingrédients sont bio, sauf le beurre):

  • 2 t de gruau
  • 1 t de graines de tournesol (écalées et non salées)
  • 1 t de raisins secs
  • 3/4 t grains de chocolat noir
  • 1/2 t graines de lin moulues
  • 1/2 t canneberges séchées
  • 1/2 t sucre de canne
  • 3/4 t beurre
  • 1 oeuf
  • 1 pincée de sel.

Tout mélanger dans un cul de poule. Graisser (ou mettre un papier parchemin) sur une plaque à cuisson, étaler, et cuire au four une dizaine de minutes, à 400°.

Les enfants ont A-D-O-R-É!!!

Seul hic, malgré que j’aie attendu que le tout soit vraiment bien refroidi avant de couper pour en faire des barres, ça a plutôt fait de gros morceaux. Ça ne restait pas en barres, mais au moins ça ne se défaisait pas complètement en crumble.

Alors voilà! Une vingtaine de minutes maximum et vous avez une bonne quantité de cette douceur à vous mettre sous la dent. 🙂

Bon appétit!

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