Pour nos enfants.

Si vous lisez l’anglais, je republie ici un article plein de sens et de réalisme que j’ai trouvé ce matin, qui apporte une solution réelle qui portera ses fruits à long terme et qui résonne particulièrement fort pour moi avec ce que nous vivons en famille depuis quelques temps.

Voici donc 5 étapes pour réagir de façon à enfin arrêter le cycle de honte qui mène les enfants à agir de façon violente ou agressive, dans bien des situations. Accueillir l’enfant, accueillir l’émotion, la vôtre et la sienne, sont non seulement le point de départ, mais la base et la finalité de ce que nous recherchons tous: être reconnu et entendu, aimer et être aimé. ❤

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Bonne lecture! 🙂

 

Un gros «X­» sur des petits «o».

Qu’on y croit ou pas, qu’on en soit conscient ou non, nous sommes ce que nous mangeons.

En tant que parents, nous voulons, comme la majorité des parents, nourrir nos enfants du mieux possible, au mieux de nos connaissances.

Depuis plusieurs années, la possibilité d’aller chercher de l’information nutritionnelle a bien évoluée. Il est désormais obligatoire pour les fabricants et producteurs de produits alimentaires, d’inscrire la provenance du produit, la liste des ingrédients le composant dans la majorité des cas, et le risque possible d’allergies le cas échéant. Ce qui est sans contredit une belle avancée pour le consommateur intéressé.

En revanche, plus d’informations ne veut pas nécessairement dire plus de clarté, plus de connaissances transmises, ou plus de transparence non plus. Les compagnies de marketing s’en donnent à coeur joie depuis peu avec la mention «sans gluten» par exemple, et ce, même sur des produits qui n’ont jamais contenu une seule trace de céréales quelconques. Il en a été de même avec la mention «30% moins de sel» par exemple. Il aura fallu plusieurs années avant que les consommateurs réalisent que les produits vendus avec ce genre de mention ne contenaient que 30% moins de sel que la version originale du même produit, qui lui était déjà classé parmi les produits à éviter parce que trop salé pour le commun des mortels…  Même principe pour les listes d’ingrédients qui sont au vu et au su de tous maintenant… avec des termes chimiques imprononçables! Et qui s’étirent sur des côtés entiers de boîtes cartonnées… De quoi décourager bien du monde de lire ce que contient vraiment ce qu’ils veulent consommer.

Nous avons réglé une partie de ce problème d’informations chez-nous. Nous ne consommons pratiquement aucun produit des allées centrales des épiceries. Nous évitons donc une grande part de produits qui nous sont inconnus et qui entrent dans la «fabrication d’aliments». Les quantités incroyables de sucre, d’agents de conservation, d’additifs, de colorants et ainsi de suite, ne font donc pas partie de notre alimentation. Du moins, ils en sont réduits à une infime quantité. Ceci n’est qu’un des moyens que nous utilisons afin d’avoir un plus grand contrôle et une meilleure connaissance de ce qui compose nos repas, notre alimentation, et donc notre santé en général.

Mais, et il y a un mais, dans notre simplification alimentaire et notre recherche d’informations valides et de vérité, nous avons des failles. Nous ne sommes pas parfaits, loin de là! Nous nous améliorons constamment, mais la vie étant de ce qu’elle est, et notre condition d’humains étant ce qu’elle est aussi, il nous arrive d’en échapper une, comme on dit. Et une de nos plus grandes failles, et un de nos plus grands défis, nous les vivons avec nos enfants.

Ces derniers étant exposés à ce que d’autres enfants mangent à l’école, à ce que des membres de notre famille élargie leurs offrent lorsqu’ils les visitent, aux choix alimentaires de leur père une semaine sur deux, aux aliments offerts chez des amis, ou n’importe où ailleurs, il est parfois difficile pour eux de faire la part des choses entre ce dont ils ont besoin, ce qu’ils désirent, ce qui est bon ou mauvais pour eux, etc. Même en tant qu’adultes, la satisfaction et la gratification instantanée qu’apportent une collation chimique remplie de sucre ou un repas pris sur le pouce à la patate du coin, nous font facilement saliver lorsque l’appétit se fait sentir et il est difficile, voire parfois impossible, de résister à l’appel de la facilité et de la dépendance au sucre! Cette exposition à d’autres façons de faire étant bien normale, et de plus, parfois bénéfique (vu la fenêtre de découverte culturelle que la nourriture permet d’ouvrir assez souvent), c’est ici que le défi familial que cela nous fait vivre se présente: les enfants nous demandent parfois certains produits d’épicerie que nous n’avons pas l’habitude d’acheter. Et par demander, comprenez bien qu’on parle d’insistance majeure, voire, de harcèlement hebdomadaire pour arriver à leurs fins! 😉 De quoi user et faire fléchir n’importe qui!

Ce qui nous amène à la dernière expérience alimentaire de mes enfants… Après plusieurs semaines à nous faire la même demande, à se plaindre de l’absence de cet «aliment» en boîte dans notre maison, de la facilité qu’il apporte, sa consommation étant plus que simple, et d’une panoplie d’autres arguments (certains bidons et certains qu’on peut considérer comme semi valables) pour nous convaincre d’acheter le produit en question,  cette semaine, nous avons fléchi! Sans vouloir nommer de marque, vous reconnaîtrez aisément le produit lorsque je vous dirai que ces petits «o» de couleur, aux «saveurs de fruits» et dont l’oiseau présent sur la boîte est plus facilement reconnu par les enfants à cause de ces céréales, justement, qu’à cause de l’oiseau coloré qu’il est, tout simplement, n’ont en fait rien de commun avec des fruits, et ne sont qu’une bombe de sucre et de colorants alimentaires en boîte!

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Quelle ne fût pas leur joie de trouver la boîte dans le garde-manger, en revenant de l’école! Malgré ma joie à moi aussi de leur avoir fait plaisir, je n’en avais pas moins d’appréhensions sur ce que ça leur ferait de manger un truc aussi chimique.

La réaction ne s’est malheureusement pas faite attendre. Un seul bol de cette mixture qui n’existe sous aucune forme dans la nature, et mes enfants étaient devenus incontrôlables. Il était évident qu’eux-mêmes n’arrivaient plus à se contrôler non plus. Des cris, des coups, des grimaces, des sauts! Il n’y avait rien à leur épreuve! Incapables de s’arrêter, incapables de me regarder dans les yeux, incapables de ne pas bouger les pieds si j’en arrêtais un pour le maintenir devant moi un instant. Mon fils de 3 ans a même arraché le calorifère du mur! J’ai beau avoir 4 garçons et être habituée à un niveau d’énergie élevé quand ils s’y mettent, cela n’avait rien de comparable avec ce qu’ils étaient avant! Je me demandais combien de temps ça allait durer, et dans quel état ils allaient finir…

Plusieurs heures après avoir mangé leur bol de céréales, ils étaient encore comme des «super balls» qu’on aurait lancées à travers la maison. Ils avaient pris leur collation vers 3 heures de l’après-midi. Au souper, ils ne tenaient pas en place sur leur chaise, lançaient la nourriture, se criaient dessus, frappaient leur voisin, lançaient les ustensiles, et j’en passe. Quand l’heure du bain est arrivée, leur comportement a changé. Ils s’affalaient maintenant dans des crises de larmes incontrôlables et inexplicables. Mon fils de 8 ans a frôlé la crise d’anxiété et refusait de rester seul pour prendre son bain! C’est tout dire!

À 8 heures, au moment d’aller se coucher, un tremblait, l’autre tournait sur lui-même dans le lit, le plus vieux avait de la difficulté avec ses devoirs (qui étaient très faciles; il n’aurait pas demandé d’aide pour des choses si simples habituellement), et un autre se couvrait la tête avec les couvertures parce qu’encore en état d’anxiété élevé.

Je n’avais jamais vu mes enfants dans un état aussi chaotique. Et encore moins aussi instantanément!

Nous n’avions jamais vraiment fait de retour en arrière sur les aliments que nous avions retirés de notre alimentation depuis plusieurs années. Et il est important de mentionner, aussi, que mes enfants MANGENT du sucre dans leur alimentation régulière. Nous mettons notre confiture dans le yogourt que nous faisons, ou du sirop d’érable; nous sucrons avec du miel aussi; je mets du sucre blanc dans des recettes de desserts; il y en a aussi dans le pain que je fais; nous mangeons des fruits séchés tous les jours, et je cuisine des biscuits, des muffins, aux bananes, aux carottes, à l’avoine, au beurre d’arachides, à la mélasse, avec des morceaux de chocolat noir… Et pourtant. Ce seul bol de céréales aura eu l’effet d’une bombe sur eux!

Avant de monter se coucher, les deux plus vieux m’ont dit, sans que jamais je ne mentionne quoi que ce soit à propos du lien que je faisais entre leur collation et leur état: «Plus jamais maman! Plus jamais on achètera ces céréales!»

J’ai eu une soirée épuisante, c’est le cas de le dire. Mais pas autant qu’eux. Ils se sont couchés complètement lessivés, comme on dit. Et pourtant, je vais monter me coucher à mon tour dans quelques instants, avec le coeur un peu plus léger et une certaine fierté. Parce qu’ils auront constaté par eux-mêmes cette fois, l’effet bénéfique d’une alimentation simple et saine, en comparaison à des aliments fabriqués en usine et bourrés d’additifs inconnus de toute sorte. Je sais que je peux désormais, encore plus qu’avant, faire confiance à leur jugement en matière d’alimentation. Et moins douter de mes choix en matière d’éducation alimentaire. La leçon est apprise, il va sans dire! Et il n’y a pas de doute, nous avons définitivement fait un gros «X» sur ces petits «o»!

Du pain pour pas cher.

Il y a un moment déjà, j’avais publié la recette de pain que je faisais à l’époque. Très bon pain. Mais j’ai changé de recette. Je voulais vous partager la nouvelle. Et vous dire pourquoi j’en avais changé.

Premièrement, la première recette était plus longue. Celle-ci est plus rapide. Ce qui est un avantage considérable, surtout quand on se dit que comme c’est très long faire du pain, qu’on est aussi bien de payer les quelques dollars qu’il coûte à l’épicerie du coin. Avec cette recette, qui ne prend pas 2 heures, et qui embaumera la maison d’une délicieuse odeur de pain chaud, on aura toutes les raisons de faire notre pain plutôt que de l’acheter au coin! Le temps étant précieux, se donner le luxe de faire son propre pain sans y passer une journée entière est possible et accessible à qui le souhaite.

Deuxièmement, après plus de 15 années à  faire du pain, je peux dire que j’en ai essayé des recettes! Celles du cercle des fermières, de Ricardo, de ma grand-mère, d’anciens livres de recettes… Tout dépendant de quels sont nos critères quand on cherche une recette, on en choisira une qui donnera un goût plus acidulé au pain, une qui demande moins de temps de levée, une qui est facilement modifiable pour faire du pain aux raisins ou au fromage, etc. Celle-ci en est une qui donne un bon pain qui se tient bien, avec une croûte juste assez mince pour ne pas se défaire la mâchoire dessus, avec lequel il est facile de faire un pain à sandwich (par exemple) et elle est facilement modifiable pour en faire d’autres types de pains, comme je disais plus haut.

Troisièmement, les conseils qui l’accompagnent sont pleins de bon sens et aident à comprendre ce qu’il est nécessaire de savoir quand on fait notre pain et à quoi faire attention.

Ensuite, le coût de revient. Cet argument ressort vraiment souvent quand on me demande pour quelles raisons je me casse la tête à faire mon pain. Tout d’abord, je ne me casse pas la tête. Faire mon pain, faire DU pain, est un réel plaisir! Dans la catégorie  »joindre l’utile à l’agréable », c’est probablement ce qui vient en tête de liste je dirais! Mais faisons le calcul un instant: un pain  »régulier » de type villagio ou d’italiano à l’épicerie, coûte entre 3 et 4$ l’unité. Si on parle des emballages en duo, ils sont plus de 5$, ce qui revient tout de même à plus de 2,50$ chaque pain. En faisant mon pain, le prix de la farine, de la graisse, du sucre et de la levure mis ensembles, est de 21$. Avec la quantité d’ingrédients que j’ai, je peux faire 5 recettes de 4 pains, soit 20 pains. Chaque pain me coûte donc environ 1$. L’économie est substantielle quand on pense qu’un pain du marché dure environ 2 jours dans la majorité des familles avec enfants. Si on étire les maths encore un peu, juste pour se faire plaisir, ça reviendrait à dire que pour une seule semaine, il faut une moyenne de 5 à 8 pains par famille. Gardons 5, pour faire un chiffre rond. En achetant à l’épicerie, le  »budget pain » d’une famille serait donc de plus de 15$ par semaine. Pour le même prix, j’ai du pain pour le mois! C’est toute une économie!

Enfin, la qualité des ingrédients. Les listes d’ingrédients épouvantablement longues et trop souvent indéchiffrables des produits d’épicerie font de plus en plus les manchettes et ce n’est malheureusement pas pour leur donner bonne réputation. L’industrialisation, la nécessité de faire du profit pour les entreprises, les temps de conservation de plus en plus longs des produits, nécessitent des  »ingrédients » qui ne poussent ni dans mon jardin, ni dans celui de qui que ce soit, et qui ne se retrouvent pas dans la nature non plus. Sans jouer les granos ou les bio-power, j’aime savoir ce que je mange, et j’aime que ça ait une origine naturelle. Manger du pain dont le blé a été arrosé par je ne sais quel pesticide et insecticide cancérigènes, en plus de tous les agents chimiques ajoutés en guise d’agents de conservation, de la farine blanchie chimiquement pour que le pain ait l’air aussi blanc qu’un traitement de blanchiment du dentiste, doublé du plastique dans lequel on me vend mon pain, tout ça c’est non merci pour moi. La simplicité des ingrédients utilisés à la maison, le fait qu’ils soient tous d’origine naturelle, connue et identifiable, et qu’il soit aussi possible de les choisir bios si on le souhaite, me convainquent de la valeur augmentée de chacun de mes pains, m’assure de leur fraîcheur et de leur qualité, sans oublier le vrai bon goût qu’ils ont qui ne se retrouve jamais dans ce qui est vendu sur les tablettes.

Pour terminer, avant de vous donner cette délicieuse recette et ses judicieux conseils, je tiens à donner le crédit de cette trouvaille à qui de droit. Dans mon cheminement vers l’autosuffisance, j’ai récemment fait la découverte d’un groupe merveilleux, tenu par une femme vraiment inspirante et rassembleuse. Cette recette lui appartient. Marie-Eve travaille vraiment très fort pour partager ses connaissances sur l’autosuffisance, il est donc important que le crédit de son travail lui revienne. Je vous mets donc le lien vers son site internet, Simple Nature, ainsi qu’un de ses groupes facebook, Autosuffisance Québec, qui sont des outils qui m’ont été on ne peut plus utiles et bénéfiques dans ma démarche d’autosuffisance. Je vous invite à aller visiter ses pages si ce mode de vie vous fait de l’oeil.

Voici donc cette nouvelle recette de pain blanc maison, qui fait le bonheur de ma famille depuis plusieurs semaines déjà! * Sachez que la recette se double facilement, et que tous les ingrédients se substituent par des ingrédients bio.

Pour 4 pains, vous aurez besoin de:

  • 1/2 t d’eau tiède
  • 1 c.à thé de sucre
  • 2 1/2 c. à soupe de levure active (granules) ou 2 sachets
  • 4 t d’eau tiède
  • 3 c. à soupe de sucre
  • 3/4 c. à soupe de sel
  • 3 c. à soupe d’huile végétale ou de graisse fondue
  •  environ 10 à 12 t de farine non blanchie.

1- Dans une tasse ou un bol en verre *, mélanger 1/2 t d’eau tiède + 1 c. à thé de sucre +2 1/2 c. à soupe de levure.

2- Laisser agir une bonne quinzaine de minutes (plus si votre levure est plus vieille)

3- Dans un grand cul-de-poule, mettre les 4 t d’eau tiède + 3 c. à soupe de sucre + 3/4 c. soupe de sel + 3 c. à soupe de graisse fondue.

4- Bien mélanger.

5- Ajouter notre mélange de levure activée et mélanger délicatement.

6- Tamiser la farine.

7- Incorporer la farine 1 t. à la fois. ( Il est possible que la quantité de farine soit trop grande, donc allez-y doucement)

8- Quand la pâte veut former une boule, allez vous laver les mains et séchez-les. Enfarinez vos mains et jetez le reste de la farine sur le comptoir.

9- Faites tomber la boule de pâte dans la farine sur le comptoir et finissez le pétrissage à l’ancienne. Arrêtez tout quand votre pâte est élastique et ferme. Elle ne doit pas craquer mais ne doit pas s’affaisser non plus.

10- Nettoyez le cul-de-poule.

11- Huilez ou graissez le cul-de-poule et déposez-y votre pâte pour la première levée.

12- Couvrez d’un linge propre et humide. Rangez dans un endroit chaud sans courants d’air. ** Plus c’est chaud, plus c’est rapide, mais n’excédez pas 35 degrés. la température de levée idéale se situe entre 24 et 30 degrés Celsius.

13- Levée = 20 à 30 minutes.

14- Pendant ce temps, on graisse et on enfarine les moules.

15- Repétrissage et on façonne les pains selon la forme voulue.

16- Mettre dans les moules et huiler ou graisser la surface des pains et les enfariner.

17- Couvrir et faire une deuxième levée jusqu’à ce que les pains aient atteint le double de leur grosseur. Environ 45 minutes, dans un endroit chaud et humide.

18- Une fois le pain doublé, on le cuit à 350 degrés, jusqu’à ce qu’il soit bien doré. Environ 30 minutes. le temps de cuisson dépend aussi de la grosseur de vos pains et du type de moules utilisés. Vous n’êtes pas obligés de préchauffer votre four, surtout si vos pains y étaient installés pour la levée.

Par contre, c’est souhaitable.

19- Une fois cuits, démoulez les pains pendant qu’ils sont chauds. Si vous ne le faîtes pas, il se fera de la condensation dans le fond des moules et le pain sera mouillé, en plus de coller au moule. On ne veut pas ça!

20- Recouvrez d’un linge sec le temps qu’ils refroidissent.

*Le verre est un matériel qui conserve bien la chaleur, c’est la raison pour laquelle je le recommande.

**Un four avec la lumière allumée et un bol d’eau chaude est un milieu idéal pour la levée d’un pain.

Pour ce qui est des conseils et astuces pour réussir son pain à tout coup, Marie-Eve a créé un document à cet effet. Il est ici, sous le nom Pain astuce, méthode, recette fb.pdf.  Je vous invite à y jeter un coup d’oeil.

Encore une fois, je vous souhaite de vous amuser, de développer le goût et l’habitude de faire votre propre main maison, et surtout de vous régaler! Bon appétit! 🙂

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Y’a des jours, de même…

Hier soir (faut ben que je vous partage la grande pertinence de mon horaire de premier ministre, tsé!), hier soir, donc, J’AI FAIT UNE BRASSÉE DE LAVAGE! (hey, écoute! On se peut pu là! Fallait j’en parle! loll) Non mais blague à part, à 8hrs hier soir, je me tapais le lavage, parce que dans ma grande organisation mentale, je savais qu’aujourd’hui j’aurais pas le temps. M’en va vous dire pourquoi!

Hier, à l’heure du souper, un de mes oncles (qui tient à garder l’anonymat! 😉 ), m’a appelé pour me demander si je voulais encore des poires. L’histoire, c’est qu’il a un poirier (pis je le savais pas, jusqu’à v’la 2 semaines), pis v’la 2 semaines, ma mère m’a dit que le mononcle en question voulait donner des poires de son arbre, parce qu’il en avait ben trop (voyons dont! Un seul arbre, pis t’en as trop?! Amène-ça icitte mononcle!!).

Ça fait que moi, mon chum pis 4 de mes crapules, on s’en est allés chez mononcle avec nos beaux paniers pis nos sacs d’épicerie en grosse jute solide, ramasser un beau gros 75lbs de poires. GRATOS! Écoute, je me pouvais pu! C’ÉTAIT NOWEL! Merci mononcle! ❤

J’avais pas le temps de toute cuisiner ça drette de même s’a fly, fack je les ai mis au frigo (sont encore là d’ailleurs! ).

Pis là, hier soir, mononcle nous appelle pendant que shu en train de préparer le souper.

Juste de même question de vous en informer, ici, préparer le souper avec les 4 gars, ça veut dire avoir le plus petit en portage dans le dos qui me tire les cheveux, le 2 ans qui crie comme un déchaîné, de même, pour le fun, sans que personne s’y attende, le 8 ans qui fait le saut chaque fois mais qui, dans sa grande patience et dans sa bonté sans bon sens, réexplique au petit de 2 ans de parler douuuucement, pis qui finit par venir me trouver en pleurant parce que le 2 ans lui a garnoté son dinosaure de plastique drette su’l milieu de la tête, pis le 12 ans qui se fâche après tout le monde parce qu’y peut pas écouter sa musique tranquille. Fack je me retrouve avec 17 interventions à faire, coacher mon chum sur comment gérer la 18ième intervention, essayer de pas faire cramer le souper à travers ça et ouvrir la porte à un des 5 chats sans lui refermer dessus (oups! sorry minou, c’tait pas voulu! hihi!)

Donc, mononcle m’appelle là-dedans, en me demandant si je veux d’autres poires. – : Ben quin que je les veux! Demain matin je peux passer, les petits sont en congé! C’est tu correct pour toi? – (mononcle): Euh ben tu peux tu envoyer ton chum là là? Shu comme en train de vider l’arbre. Dis-y qu’y amène qques chaudières, pis ça va être tiguidou! -OK!

Fack j’envoye mon chum avec 3 chaudières de 5 gallons, en me disant qu’il va même pas toutes les remplir, tsé!

BEN NON TOÉ!!!! Il revient avec les 3 chaudières pleines, pis 2 sacs à vidanges pleins à moitié!!!!!!! On l’a pesé. On avait 196lbs de poires!!! JE CA-PO-TAIS!!! (Ça vaut une photo! La voici!:

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Y’en avait une couple qui s’était faites pucker en tombant de l’arbre, fack je voulais les trier live pis les faire cuire à matin. Une bonne batch de compote de poires! Miam!

Fack quand j’ai vu que ça occuperait pas mal ma journée, jai réalisé que j’aurais pas trop le temps de gosser avec le lavage, fack j’ai starté ma brassée avant d’aller me coucher, pour la mettre à sécher en montant me coucher. Pis j’ai trié les poires les plus maganées. Drette de même, en avant de la porte d’entrée! J’tais ben fière de moi! De pas laisser aller ça, de pas procrastiner, tsé!

Pis c’est là que les choses se sont corsées…

On s’est levés à matin. Mon chum le premier avec le bébé. Le 2 ans a suivi qques minutes après. Comme presque tous les jours, j’y ai dit de starter  le café, pis de venir me le dire en bas des marches quand y serait prêt. Quand y’é venu me le dire, je l’ai pas entendu. M’étais rendormie!!! (Presque pas fatiguée la madame…) Quand je me suis levée, j’ai fait déjeuner les plus jeunes, mon 8 ans venait de se lever lui aussi, pis le 12 ans a suivi pas trop longtemps après. Durant ce beau et doux moment en famille, j’en ai profité pour leur annoncer que j’aurais besoin d’aide pour éplucher pis écoeurer mes poires. Après qques minutes de chialage pis de tentative d’argumentation sur la possibilité de faire autre chose de leur avant-midi, ils ont fini par abdiquer et se sont rangés,  vue ma détermination sans borne, mon inflexibilité légendaire (NOT!!!) et ma fermeté confiante et maternelle. (Hum! Hum!)

J’ai donc entrepris de ranger le-dit déjeuner. Là, j’ai voulu mettre mon tablier. Parce que je venais de presque m’essuyer les mains sur ma jupe, fack j’ai pensé que (comme depuis ma tendre enfance) j’allais m’essuyer les mains sur mon linge encore une fois et que j’étais donc mieux de mettre mon tablier pour pas me salir (ben oui, shu quétaine de même! Qu’est-ce tu veux!?). Là, je me su souvenue que je l’avais lavé, mais que je l’avais pas plié encore… fack j’ai commencé à plier le linge propre dans le panier question de trouver mon tablier. Pis là le bordel a pogné entre les 3 gars…

Fack j’me su mis à gérer 17 affaires en même temps. Pis là je pliais du linge, pis je pensais juste à éplucher mes poires pour commencer ma compote, pis mon plus vieux essayait de profiter du chaos généralisé pour me demander (encore) de sacrer son camp avec ses ami-e-s! (J’ai des petites nouvelles pour toi fils! Ta mère en a vu d’autres pis shu pas venue au monde hier! J’ai pas l’air de même, mais j’t’encore alerte! Tu m’en passeras pas! ) Fack j’me su mis à argumenter avec mon plus vieux, ranger ce qui restait du déjeuner, gérer le 2 ans qui avait décidé de sortir les réglettes, consoler le plus petit qui voulait se faire prendre (fuck! Je peux pu plier le linge si j’ai rien qu’une main!), donner la permission au 8 ans d’allumer la télé en me disant que ça allait me donner un brake, mais en lui expliquant de pas mettre n’importe quoi parce que le 2 ans allait se retrouver devant l’écran lui aussi. Ah oui! Pis shu allée faire pipi avec le bébé din bras! (rien que ça…) Ouf! Fack j’ai voulu donner le bébé à son père pour me libérer les mains pour finir de plier le linge pour trouver mon tablier pour éplucher mes poires sans cochonner mon linge, pis shu allée le rejoindre dans la cuisine, où il sirotait tranquillement son deuxième café! (Insérez ici un méga sentiment de rage et de jalousie doublé d’injustice crasse!! Mais H’AVAIS PAS L’TEMPS! Fack j’ai essayé fort fort de pas y penser, mais ça quand même paru dans mon ton quand j’y ai dit: TIN! Prends dont le petit 5 menutes! Ça va te faire de quoi à faire!? (oups…) ) Pis c’est là que je me su aperçue que le frigidaire coulait!! ( Là, ceux qui pensent que j’exagère et que je  scénarise à mesure, DÉTROMPEZ-VOUS!  Ceci est le véritable récit d’une VRA DE VRA journée de congé!)

Fack là, le frigidaire coule. Ok, go! Action! Pas le temps de niaiser! L’homme saute sur internet trouver comment arranger ça pendant que je trouve des serviettes pour éponger. Oups, une autre crise d’enfants, fack je repars dans le salon (le 2 ans a sacré un autre coup de dinosaure au 8 ans), le chum essuie l’eau du frigo tu seul, re-saute sur les zinternets trouver comment réparer le fridge et se met à l’ouvrage pendant que je finis de plier mon (UNIQUE) panier de lavage pour trouver mon tablier pour éplucher mes poires et faire ma compote sans cochonner mon linge! Bon!

Mais là, avec tout ça, y’é d’jà 11h15! Fack c’est l’temps de faire à manger! Faut préparer le dîner! Fack serre le linge net fast and furious (mon tablier ‘tait même pas d’dans sti!) pis rapaille les restants de la veille avec qques légumes pis l’hummus pour mettre tout ça s’a table. On s’assit à table, pis je profite de ce beau et doux moment en famille pour réitérer que je vais avoir besoin d’aide pour les poires après le dîner, mais que comme j’vais devoir allaiter les deux plus jeunes pour la sieste, qu’ils (les 2 plus grands) pourront aller jouer dehors pas loin, pour que je puisse les caller quand ça va être le temps de faire les poires. Re-chialage, ré-argumentation sur pouvoir aller plus loin quand y vont aller jouer dehors, sur qu’y ont pas le goût d’éplucher des poires, pis mon 12 ans profite du chaos pour me demander si 2 de ses chums de filles peuvent venir faire un tour. J’ai sérieusement failli péter ma coche solide quand y m’a demandé si mon chum pouvait (EN PLUS) aller les chercher!

ÇA FA QUE, j’ai endormi le plus petit pendant que le 2 ans jouait dans le salon avec le 8 ans pis que le 12 ans textait ses amies. J’ai couché le bébé, me su t’en allée dans le salon allaiter le 2 ans, tout en commençant  une game de mario bros avec mon 8 ans (tsé, une affaire de plus, pourquoi pas?! HEIN?! Faut ben leu donner du temps one on one à ces enfants-là!), pis c’est en commençant le premier tableau de la game que le bébé s’est re-réveillé, juste comme mon chum virait le coin de la rue, parti avec le 12 ans chercher les amies en question… Osti…

Rendu là, je commençais sérieusement à me dire que j’aurais besoin de camomille (ou d’quoi d’plus fort!) avant la fin de la journée! Fack j’ai droppé le 2 ans dans le divan, couru aller chercher le bébé qui braillait déjà trop fort pour espérer un rendormissement facile, pis me su mis à l’promener en chantonnant de long en large dans salle à dîner. Mais le 2 ans vivait une frustration un peu trop grande de s’être faite couper le bon lait drette de même, fack y s’est dit qu’y décompresserait mieux en sacrant un autre coup de dinosaure à son frère, qui lui se doutait de rien pis qu’y’était tranquillement assis à continuer la game de mario… BAM! La crise toi! Fack j’ai marché vite pour aller gérer une autre séance de tapochage avec le bébé à moitié endormi qui recommençait déjà à chigner parce que y’avait trop de brouhaha à son goût…

Mon chum est revenu, le 12 ans pis ses amies sont partis au parc, j’ai donné le bébé à mon chum pour qu’y le promène pis qu’y le rendorme, pis moi j’me su ré-installée dans le divan avec le 2 ans pour l’allaiter, l’endormir, pis rembarquer dans game de mario. (Pace que moi si j’ai besoin de décrocher finalement! lol)

Fack là y’é rendu 4 heures moins 10, le bébé s’est relevé de sa sieste (oui, mon chum avait réussi à le rendormir), le 2 ans vient de se réveiller, le 12 ans pis ses amies viennent de rentrer du parc se prendre de l’eau pis re-sacrer leur camp dehors (pis faire brailler le 2 ans qui veut y aller aussi mais que le 12 ans veut pas l’amener avec lui), le 8 ans s’est parké sur un jeu vidéo, mon chum est assis à terre dans le salon avec les bébés pis moi j’ai eu un peu de temps pour décompresser pis décharger tout ça sur papier (électronique), après avoir promis qu’aussitôt que j’aurais fini d’écrire on irait au parc tout le monde ensemble…

Fack j’ai pas encore fait mes poires pis j’ai toujours pas de tablier su’l dos! Mais la brassée de lavage d’hier soir est pliée pis tout le monde a mangé à sa faim aujourd’hui. J’ai pas encore peté de coche, mais je me bourre la face dans le restant de chocolat de la fête de mon 12 ans qu’on a fêté en fin de semaine, question de maintenir mon niveau de joie à flot! C’est mieux pour ma santé mentale et celle des autres! loll!

Fack ça sonne comme une journée qui va se prolonger au-delà de l’heure de dodo des enfants (comme très souvent!) avec une tonne et quart de poires à éplucher pour faire de la compote en quantité industrielle dans ma mijoteuse de course format grande famille! hahaha!

Tsé, des fois, y’a des jours de même!…

 

 

 

Jus de légumes maison.

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Voilà. L’été tire à sa fin. Les jardins débordent littéralement de ce qu’on a regardé pousser doucement durant 3 mois, des fois plus.

Pour ne pas perdre une once de cette abondance (mis à part le fait de partager les fruits de nos récoltes avec nos amis et nos familles), il n’y a rien de mieux que la déshydratation des aliments, leur congélation et la mise en conserves pour nous donner un goût d’été tout l’hiver durant! 🙂

Le savoir se passant parfois d’une génération à l’autre et parfois pas, il serait facile, dans les deux cas, de faire des erreurs dans la méthode sécuritaire de mise en conserve.

Ma mère, en me partageant sa recette du meilleur jus de légumes au monde (recette qu’elle tenait de sa belle-mère, qui elle la tenait de sa mère, qui la tenait de… bref, voyez le tableau), m’a aussi transmis sa méthode de mise en conserve pour ladite recette. Après quelques recherches (et quelques erreurs aussi, je dois l’admettre), j’ai appris que les méthodes ancestrales n’avaient pas nécessairement bonne presse et qu’elles pouvaient même (et surtout) s’avérer dangereuses pour la santé.

En effet, nos mères et les leurs avaient souvent pour méthode de stérilisation de mettre les pots de verre au four. Ce qui n’est malheureusement pas suffisant pour stériliser des pots. Aussi, malgré que l’autoclave (gros chaudron avec un indicateur de pression) ait été breveté en 1820, il est malheureusement encore fréquent de se faire dire que toutes les recettes de conserves peuvent n’être cuites qu’à la marmite et que ce sera suffisant. Or, c’est loin d’être le cas. Le Ph d’une recette permet en fait de déterminer si nous devrons passer les pots à la marmite ou à l’autoclave après la mise en pots. Des bactéries telles que le botulisme (truc mortel, on joue pas avec la santé comme ça!) pouvant facilement se développer dans les pots si la stérilisation n’a pas été faite de façon adéquate, il est impératif de connaître les bonnes méthodes de stérilisation et de cuisson pour préserver notre propre santé et celle de nos proches.  Les sites de Vincent le canneux et de Bernardin sont deux des meilleures références à ce sujet, en plus de contenir d’innombrables recettes. Je vous conseille aussi deux groupes facebook gérés par de véritables pros de la mise en conserve sécuritaire. Le premier est ici et le second, ici. Avec tout ça, vous pouvez être certain-e de n’empoisonner personne! Je sais, vous me direz que vous avez toujours fait comme ça, ou comme ça, que votre mère aussi et ainsi de suite et que personne n’en est jamais mort. Je vous répondrai seulement que tout ce qui vient d’avant nous n’a pas toujours forcément été bon (même si en général on aime bien les petits trucs de nos grands-mères! ) et qu’il serait aussi stupide d’attendre que quelqu’un contracte le botulisme pour enfin changer sa façon de faire des conserves…

Bref, je vous partage donc aujourd’hui la recette (revisitée, testée et approuvée) du meilleur jus de légumes au monde! Fini les V8 au prix exorbitant qui goûtent le métal! Ce jus est un pur délice! En voici donc la recette. À go, on canne! GO! 😀

Vous aurez besoin de:

  • 1 caisse de tomates de 20-22 lbs
  • 2 petits poireaux
  • 4 branches de céleri
  • 5-6 carottes
  • 2 oignons blancs
  • 1/2 poivron vert
  • 2 grosses gousses d’ail
  • 1/4 t de sel
  • 1 tasse de sucre
  • jus de citron en bouteille

Pour stériliser vos pots avant, voici la méthode.

La veille, passez tous les légumes (sauf les tomates) au robot pour en faire presque de la purée. Couvrez, et mettez au frigo pour la nuit. Lavez vos tomates aussi.

Le lendemain, écoeurez les tomates et coupez-les en 6-8 ou 10 morceaux, en prenant soin d’enlever les parties meurtries.

Mettez quelques tomates et une partie des légumes hachés, dans une grande rôtissoire ou un grand chaudron en écrasant les tomates avec un pilon à patates. Portez à ébullition. Il faut que les tomates soient immédiatement et constamment en ébullition pour éviter que le jus se sépare. Ajoutez quelques tomates à la fois et une partie des légumes pour ne pas stopper l’ébullition. Ajoutez le sel et le sucre. Attention à ne pas faire coller le fond. Mijoter environ 5 minutes après le dernier ajout de tomates.

Passez le tout dans une presse à tomates. (Moi je repasse les restes une deuxième fois, à vous de voir.) Récupérez le jus.

Reportez le jus à ébullition.

Ajouter 1 c. à soupe de jus de citron par pot de 500 ml. 2 c. à s. pour des pots d’1 L.

Empotez chaud en laissant 1/2 pouce d’espace sous le goulot. Pour s’assurer de laisser le bon espace, voyez ceci. Éliminez les bulles d’air avec une spatule ou un bâton de plastique. Essuyez le rebord de vos pots et placez un couvercle que vous aurez gardé dans un chaudron d’eau bien chaude avec les bagues. Vissez la bague jusqu’au point de résistance sans forcer plus. Replacez le pot dans la marmite, recouvrez d’eau et faites bouillir 35 minutes si vous faîtes des pots de 500 ml, 40 minutes pour des pots d’1 L.

Lorsque le temps est terminé, laissez le bouillonnement s’arrêter, déposez les pots sur une planche de bois ou un linge et laissez refroidir durant 24 hrs sans bouger les pots. Vous pouvez ensuite retirer les bagues si vos pots sont bien scellés. Identifiez les pots avec la date, et rangez!

Voilà! Un jus de légumes qui goûtera frais l’été, tout au long de l’hiver! 😉

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Couper le cordon

Parce que j’adore cette femme forte, parce qu’elle écrit bien, parce que ce texte simple me rejoint, M’A rejoint 4 fois à date dans ma vie de maman… Le plus jeune est encore  »tywrappé » après mon lit… 😉

L'école de rang de Katherine

Deux simples coups. Tchik. Tchik.

Elliot est rendu grand.

À l’aube de ses trois ans, j’ai séparé son lit du mien, auquel il était accroché depuis sa naissance.

Si vous vous souvenez, j’avais cherché une bassinette qui permettait, si on enlevait un des côtés, de l’accrocher à mon lit. Nous étions ainsi collés. Mais il ne dormait pas entre mon mari et moi, parce que mon mari dort trop dur et moi je ne dormais pas du tout de peur qu’il écrase le bébé. Ça c’était mon expérience des bébés précédents. Avec cette bassinette de Ikea et deux Ty-rap, il avait été possible de dormir collé-collé pendant près de trois ans. Ce fut une solution très appréciée.

Mais avant-hier, Tchik. Tchik.

J’ai coupé les Ty-rap et éloigné son lit. Il est maintenant sur le bord de la fenêtre à 3 pieds du mien. Je peux maintenant sortir de mon lit…

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Playdate or not playdate?

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Depuis un bout de temps, je tombe sur une panoplie d’articles qui tournent tous autour du même sujet: les années ’80 et la nostalgie qui semble tous nous gagner quand on y repense.

C’est vrai que moi aussi des fois je me prends à comparer les années de mon enfance avec la vie de mes enfants ou celle des enfants de cette génération-ci en général. Moi aussi je me sens nostalgique de plein d’affaires, pis c’est vrai que la liste de  »me semble que c’était mieux dans le temps » s’allonge souvent longtemps dans ma tête quand je me mets à y réfléchir…

Mais bon! Comme mon grand-père disait: «Après l’heure, c’est pu l’heure!» Fack no need to cry ben ben longtemps, on y reviendra pas en tant que tel aux années ’80, malgré toutes les modes qui resurgissent ici et là.

Le dernier article en liste dans cette série de «nostalgie sociale» était un peu différent et m’a fait me questionner un peu plus, et c’est cette réflexion que je veux exposer.

Il y était question des playdates. Si vous êtes parent, vous savez très certainement de quoi je parle ici. Si non, des playdates sont des rencontres d’enfants, organisées par les parents, pour que les petits puissent jouer et «socialiser». Les parents se mettent un peu copain-copain avec d’autres parents qui ont des enfants dans un range d’âge similaire à celui de leurs enfants, settent une rencontre et BAM! Les enfants jouent (ou du moins, s’assoient un à côté de l’autre jusqu’à ce que la gêne des premiers moments disparaisse puis se mettent à jouer, selon le désir de bonne conscience des parents…) et les parents prennent une tisane ou un café (ou de quoi de plus fort si le burn-out parental est pas loin ou que les problèmes d’argent se pointent le bout du nez trop souvent de ce temps-là! )

Bref, les playdates, c’est vraiment la méthode de «comment se faire des amis» de notre époque. On est drôlement loin de celle des années ’80 qui était de te faire des amis en allant au parc ou pire (!) en jouant dans la rue ou la ruelle de ton coin. Et on est encore plus loin, à mon humble avis, de la célèbre méthode de Dale Carnegie! (Je vous épargne mes réflexions sur les aptitudes à socialiser des enfants, mais vous serez pas épargnés longtemps! Mes réflexions ne me font pas de cadeau ces temps-ci, et je risque de vous utiliser pour ventiler encore. 😉 )

Je me suis donc demandé, après ma lecture, si c’était vraiment comme ça pour tout le monde, pour tous les parents. Dans ma réflexion je me suis repassé que dans les années ’80 y’avait beaucoup plus d’enfants dehors que maintenant, mais maintenant c’est devenu tellement dangereux de te faire kidnapper ta progéniture direct dans sa poussette ou en virant le coin de la rue en bicycle, que les enfants doivent, soit être accompagnés de bodyguards surpayés, de parents aux dents acérées et aux réflexes de ninjas, ou alors porter un GPS sous forme de puce électronique sous-cutanée pour qu’on puisse les retrouver en cas de pépin… Et j’exagère à peine… La culture de la surprotection et de la peur entre dans les maisons à plein écran, difficile de ne pas se laisser affecter. (Pas que j’en sois adepte, mais c’est clairement une phobie sociale. À tort ou à raison, mais là n’est pas la question et c’est un autre sujet.)

Je me suis aussi repassé le temps assis devant la télé ou les jeux vidéos, la fatigue de leurs journées d’école, les horaires archi mongoles des parents ou leur «pas le goût» que leurs enfants aillent dehors-trop-loin-, la peur qu’ils attrapent un coup de soleil s’ils restent pas à l’ombre, qu’ils se noient dans la piscine non clôturée du voisin (ostis de voisins hein!?), qu’ils rencontrent par inadvertance le pusher de 14 ans qui fourni les enfants des clients de ses parents ( 😦 ) ou qu’ils jouent à touche-pipi quelque-part sous une structure de jeux d’un parc, etc, etc. Tout ce qui pourrait bien empêcher un enfant d’aller jouer dehors en 2016, quoi! Et c’est alors que je me suis demandé si les enfants socialisaient VRAIMENT à l’école. Et je me suis dit que s’ils socialisaient tant que ça, comment ça se faisait qu’on loadait (trop souvent) leur horaire avec des «activités parascolaires» (on voit bien ici que juste le terme démontre que tout tourne AUTOUR de l’école et non l’inverse…) et des playdates, justement. Et c’est aussi à ce moment que j’ai mentalement fait la comparaison avec les enfants scolarisés à domicile et la sacro-sainte question de la socialisation dont tout le monde (qui ne connait pas le sujet) parle et dont tout le monde a peur (parce que tsé, si il va pas à l’école OÙ C’EST QUI VA BEN POUVOIR SE FAIRE DES AMI-E-S, pauvre enfant!!!???). Je me suis aussi questionnée sur les critères exigés à chacun socialement, à chaque groupe, et évidemment, à la fameuse règle du «deux poids-deux mesures».

Parce que voici: Si on enlève la tendance parentale post-moderne d’être un «parent hélicoptère» (vive la psycho pop et ses termes de fond de garde-robe…) ou un wonder parent (ou whatever-the-parenting-super-power-over-organising-over-protecting-every-single-shit-our-kids-do), si on enlève ça, donc, on se retrouve avec des enfants qui, en allant à l’école POUR SOCIALISER, ne socialisent pas tant que ça, À L’ÉCOLE. Et inversement, on se retrouve aussi avec des enfants qui, selon le discours populaire, ne socialiseront pas parce qu’ils ne vont pas à l’école, qui, en fait, socialisent souvent plus que les enfants d’école… Voyons voir:

Les enfants commencent leur journée dans la cour de récré où ils passent en moyenne une dizaine, voire une quinzaine de minutes max, après être débarqués de l’autobus dans lequel ils n’ont pas le droit de se retourner pour parler au dude ou à la dudette assis-e derrière (fack fais sûr d’aimer celui ou celle assis dans le même banc que toi! Parce que sinon tu jaseras pas fort sur ton 45 minutes de trajet!) Vient ensuite le temps passé dans les casiers où ils n’ont pas LE TEMPS de parler, parce que t’as les surveillants qui leur poussent-dans-le-derrière-pour-qu’ils-perdent-pas-de-temps-parce qu’il-faut-vite-aller-prendre-son-rang-EN-SILENCE. Tsé, faut quand même respecter l’horaire! Ensuite y’a le temps passé accoté au mur, en rang, en silence, parce que y’en a deux dans le rang qui  »font les pies » et que le ou la prof a décidé de faire poiroter toute la classe pour jouer sur le sentiment de culpabilité des deux criminels du verbe afin qu’ils prennent conscience que mieux vaut écouter la maîtresse et se tenir la langue entre les dents, sinon les copains nous aiment pu…  On a ensuite le moment d’entrée dans la classe. Là, le bordel pogne! Tout le monde fait du bruit avec sa chaise, son sac pis son bureau, fack ça donne le signal que vu qu’y a du bruit, t’as le droit de parler. ( Je nommerais ce moment l’équivalent de la première tasse de café au bureau avant de commencer officiellement ta journée.) Et là t’as la prof qui flash les lumières après avoir essayé 3 fois de dire qu’il fallait faire silence, sans résultat, il va sans dire. Signal fatidique. La prof pète une coche (elle a juste un café dans le corps, on l’excuse) et tout le monde doit gentiment coucher sa tête sur ses bras sur son pupitre et encore attendre que les deux gnoufs du rang arrêtent de rire encore une fois… On réussit tant bien que mal à passer à travers l’heure suivante. Les enfants se font avertir des dizaines de fois de se taire et de pas parler pendant que la maîtresse explique au tableau.  Malheur à celui ou celle qui aura envie de pipi avant la pause-récré aussi. Suit la dite récré. Tout le monde se lâche lousse, se fesse dessus parce que pu capable de contrôler le trop plein d’énergie, se chicane ou shoot le ballon-chasseur trop fort s’a tête du premier de l’autre équipe. Ils se font pogner par la surveillante, et se font traîner dans le «rond de la résolution des conflits» pour régler la chicane, parce qu’on est pas assez outillés en tant qu’adultes pour comprendre que c’est pas par méchanceté mais par overhead de gaz à dépenser qu’ils agissent ainsi. Autre pause et accalmie forcée… On retourne maintenant en classe! (Faut ben aller apprendre de quoi, tsé!) En rang (encore), en silence (encore!). Même manège qu’au matin… Le dîner se pointe, et devinez?! Pas le droit de parler durant le 20 minutes que t’as pour manger, parce que tu pourrais ne pas avoir fini avant que ce soit ton tour d’aller dehors et donc retarder ou ralentir toute la super organisation que l’école s’est forcée à monter pour contrer le fait que y’a trop d’élèves pour la grandeur de la café et qu’il faut donc faire deux groupes de dîner… (et ça c’est sans compter le fait que plusieurs enfants dînent dans la bibli et d’autres dans leur classe respective… bref, un autre sujet aussi…) La récré, ses ballons, ses accrocs et ses chicanes recommence. Mêmes bobos, même rond de fausse réconciliation forcée, same shit, different day. Un autre après-midi se passe dans le calme et en silence dans les classes sauf quand vient le temps de travailler en équipe. Et attention! C’est le prof qui choisi le co-oéquipier, parce que sinon tu pick ton meilleur chum pis tu parleras pas du sujet de recherche mais bien de n’importe quoi d’autre! Alors apprends à travailler avec du monde qu’on t’impose, en chuchotant sur un seul sujet précis, imposé aussi. La trop longue journée finit enfin. Et on retourne se taper un autre 45 minutes de bus, en regardant EN AVANT SVP!  (Pis juste d’avoir écrit tout ça j’en suis tannée, c’est tout dire. :p ) Les enfants retournent enfin chez-eux pour se taper une bonne heure (minimum) de devoirs et d’étude, assis tranquilles sur leur chaise de cuisine, quand ils doivent pas rester tard au service de garde… ( Au moins, là, ils peuvent parler!) Tout ça sans compter les sorties scolaires (qui n’existent plus, soit dit en passant. Et inutile de me parler de budget réduit, je suis consciente de tout ça.) durant lesquelles il est aussi très souvent interdit de parler, dépendant de la sortie.

PATHÉTIQUE! Et d’une tristesse!

Survient la NÉCESSITÉ de faire du sport (surtout que d’une année à l’autre y’a de moins en moins de temps d’éduc à l’école). On inscrit donc les petits loups au soccer, à la danse, à la piscine. Peuvent pas plus parler quand le moniteur explique, mais au moins ils font de quoi d’autre que d’être à l’école, right? Faut se donner bonne conscience de les faire dépenser leur jus un peu! On les laisse pas jouer dehors, tsé!

Et comme ils ont un agenda digne de celui du premier ministre et qu’ils ont (en plus de toutes les excuses raisons pour pas aller jouer dehors énoncées précédemment) pu le temps d’aller jouer dehors et DE SE FAIRE DES AMI-E-S, des ami-e-s qu’ils auront choisi-e-s et avec lesquel-le-s ils auront des points communs et avec qui ils discuteront d’idées, de projets, de plaisirs, de plans-machiavéliques-pour-réussir-à-se-rendre-l’autre-bord-de-la-track-de-trains-en-bicycle-sans-se-faire-pogner-par-les-grands-de-la-gang-de-la-rue-X, ben on organise des playdates pour s’assurer qu’ils socialisent assez… Comme ça, ça fit mieux dans l’horaire surchargé de toute la petite famille…

Et on the other hand, t’as les enfants qui font l’IEF (instruction en famille). Enfants dont tous les intervenants sociaux et scolaires sont soudainement hautement inquiets quant à leur impossibilité de socialiser suffisamment s’ils ne vont pas à l’école. La famille élargie aussi, du jour au lendemain, se préoccupe, en premier lieu, de cet aspect de la vie des enfants. Et c’est souvent le premier argument contre l’IEF en général.

Pourtant, les enfants scolarisés à domicile ont accès à des groupes de soutien qui font des sorties, des activités et ont de nombreuses occasions de s’y rallier. Ils s’y font des VRAI-E-S ami-e-s, avec lesquels les parents organiseront d’autres sorties éducatives et d’agrément, auxquelles les autres familles du groupe de soutien se rallieront elles aussi. Et tout ça ne se fera pas dans un silence coi, il va sans dire! Ils font eux aussi des activités sportives organisées par les municipalités et y fréquentent donc les enfants qui vont à l’école (savez, ces activités où les enfants d’école se font inscrire pour faire autre chose qu’être assis sur un banc d’école? 😉 ) et cela sans compter le temps passé en famille qui est plus grand que pour ceux qui vont à l’école.

Après avoir entendu beaucoup de récits très inquiétants sur l’intervention, les arguments, les jugements de valeur et les pouvoirs pris par les commissions scolaires, les intervenants et les directions des écoles de quartier, la famille élargie et la DPJ, je me demande quels sont les VRAIS critères sur lesquels se base tout ce beau monde pour déterminer si un enfant socialise «bien» et «assez». Si l’intérêt de l’enfant est vraiment le point central de toute intervention. Et de ça, j’en doute, malheureusement. Je dirais que ce principe sert justement plus souvent de façade à un power trip malsain et à l’application de ce fameux deux poids – deux mesures que je mentionnais plus haut. Parce que malgré que les enfants scolarisés en famille aient accès à, et profitent de plus de temps de socialisation réelle que les enfants d’école, l’argument de la socialisation insuffisante ne quitte pas le court paysage de ceux qui se permettent de juger ces mêmes familles. Et malgré qu’inversement on vante l’instruction publique, une observation objective de la situation permet de rapidement constater que le manque de fonds et les méthodes de «contrôle de la foule» appliqués sont loin, non seulement d’arriver à la cheville de ce qui est exigé des familles d’IEF, mais également de répondre aux besoins des enfants eux-mêmes. Et on skip ici le sujet des nombreux diagnostiques de TDA avec ou sans H.

Le but de tout ça est pas de juger péjorativement les parents. Tout le monde fait ce qu’il peut avec ce qu’il a. Et pareil pour les diagnostiques médicaux. Je fais le lien avec le manque d’air frais, le lâcher-lousse et de temps non structuré parce que j’y vois une réelle corrélation; mais je sais très bien que pour certains enfants ce lien n’existe pas malheureusement, et que la médication est on ne peut plus nécessaire.

Je pointe en fait trois choses. La première: ne courez pas vous racheter de câlinours, de pouliches et cessez de vous acheter des camions qui vous font ressembler à vos jouets GI Joe de votre enfance (et qui en plus polluent comme dix!). Tout ça n’est qu’une mode et les années ’80 sont bel et bien révolues! 😉

La deuxième: que la socialisation d’un enfant peut en partie passer par l’intervention de ses parents avec des playdates (on passera pas à côté du post-modernisme et des agendas surchargés non plus), mais qu’elle doit aussi se faire autrement, librement, sans intervention parentale. Livin’ the life! Ya’ know? En s’enfargeant dans les fleurs du tapis pour réussir à parler à un enfant qu’on ne connaît pas, en se faisant revirer de bord des fois, (pas trop souvent, on se le souhaite!), en développant des vraies amitiés qui dureront dans le temps parce que basées sur des ressemblances fondamentales communes (la beauté de l’âme, vous me suivez?).

Et la troisième: qu’il existe bel et bien au sujet des enfants scolarisés à domicile comme sur de trop nombreux autres sujets, une règle non-écrite de deux poids –  deux mesures. Les critères exigés à certains groupes comme étant des normes sociales de base à atteindre pour «convenir», sont souvent largement supérieurs à ce qui est exigé à d’autres groupes plus «privilégiés». Pour n’en nommer que quelques-uns, les standards exigés aux mères sont disproportionnés en comparaison de ce qui est exigé aux pères, pareil pour les gens vivant sous le seuil de la pauvreté à qui il est demandé de «faire leur part» quant aux coupures nécessaires et aux riches qui bénéficient de largesses éhontées pour ne pas payer d’impôt. Vous voyez le portrait. Et le tableau est large, on le sait tous.

Alors l’idée c’est d’avoir conscience de tout ça, pour ne pas se laisser étouffer par des agendas trop chargés trop longtemps, pour ne pas vivre dans le passé sans profiter de ce qu’il y a de beau dans notre époque et pour ne pas être aveuglés par des jugements trop faciles à porter.

Voilà.

J’avais la tête pleine après ma lecture matinale et je devais lâcher du lest un brin. Maintenant que c’est fait, je retourne passer du temps avec mes petites crapules. On va aller socialiser un peu au parc après le dîner. 😉

Bonne journée, et bonne réflexion à vous! 🙂