Lait de chanvre maison.

On est une famille. (Vous le saviez… tu? :/ ) En processus d’autosuffisance. (J’en parle pas assez… souvent.) Et dans cette optique, je fais des tests. Souvent. Vraiment souvent. Mais ils sont pas tout le temps concluants… Des essais- erreurs. Et cette semaine, j’ai fait un nouveau test. Pas loin d’une erreur… À mon goût en tout cas.

Mais avant, faut que je vous partage ma petite réflexion (pour vrai, c’est tout petit-mini-pas-long!) au sujet des habitudes.

Ce qui m’a amené à faire un nouveau test de fait-maison, c’est le lait. On essaie de couper la quantité de produits laitiers qu’on consomme. (Une transition lente vers le végétarisme.) Et depuis un moment on est donc passé aux laits végétaux. Celui qui plaisait le plus aux enfants, c’était le lait d’amandes.

Quand on a switché entre le lait de vache et le lait végétal, mon premier réflexe a été D’ALLER EN ACHETER. Je me suis même pas remise en question une seconde et quart. On se rappelle: on essaye de devenir plus autosuffisants! (?) J’ai donc acheté deux trois sortes de laits végétaux, on les a goûtés, on en a aimés, je suis retournée en acheter (ben oui! Encore, toé! Pas de sens!), et cela, durant un bon mois, avant que je RÉALISE que ça coûtait pas mal cher de lait, pis que ça devait ben se faire maison, du lait d’amandes! (Enfin, y’était temps que j’allume!) Je me suis donc mise à faire le lait d’amandes et le lait de riz. (Avec des fruits dedans c’est carrément divin! ❤ ) J’étais bien fière de moi. Je respectais un peu plus mes principes d’autosuffisance, même si j’en étais pas encore à me faire pousser du riz et des amandes… (Tsé, une étape à fois… 😉 )

Mais un bon matin, (toutes les bonnes histoires commencent de même, non?), mes petits cocos en ont eu assez du lait d’amandes… Je devais donc trouver une solution, parce que le lait de vache était clairement pas une bonne option pour nous. Et j’ai pensé au lait de chanvre! (Eurêka!) Et j’ai eu la bonne idée… D’ALLER EN ACHETER! ( Facepalm. Encore acheter! :/ ) J’ai donc demandé à mes chers contacts facebook, dans quelle épicerie en trouver, parce que là où j’allais il n’y en avait pas!

Une chance qu’une personne dans mes contacts a eu l’ingénieuse idée et présence d’esprit, de me dire que je pouvais en faire maison! Parce que je m’en allais encore la tête baissée dans mes incohérences moi là! 😦  Ça m’a vraiment fait prendre conscience à quel point les habitudes ont la couenne dure! Et que malgré nos bonnes résolutions, nos valeurs et nos choix, c’est si facile de débarquer de notre track et de suivre les rangs des fois! Ces deux petits épisodes de « brouillard de conscience » si je puis dire, m’ont fait réaliser l’importance de continuellement remettre nos gestes en question, et nos façons de faire. Non seulement les habitudes ont la couenne dure, mais on prend beaucoup de choses pour acquises aussi, et assez facilement d’ailleurs. Acheter, c’est comme la solution facile. Et on prend pour acquis que tout ce dont on a besoin se trouve au magasin… mais c’est loin d’être le cas. Se remettre en question et suivre les objectifs, les valeurs et les chemins sur lesquels on souhaite avancer consciemment, c’est pas toujours évident. Ça demande un effort. De conscience, en premier lieu. Fin de la réflexion. On revient à mon histoire de lait!

Bref, après mes deux épisodes de brouillard de conscience, justement, j’ai testé une recette de lait de chanvre. J’avais justement un sac de graines de chanvre décortiquées dans le frigo (sur des toasts au beurre de peanuts c’est juste trop bon!), le timing était donc parfait.

La recette est simple. Temps de trempage, jeter l’eau de trempage, passer au « juicer » avec de l’eau claire, et boire. Mais…

Avant de vous donner la recette complète, je dois vous dire que pour nous ça a pas été une révélation, malheureusement. On a trouvé ça plutôt amer. On a essayé de l’aromatiser avec du cacao, un peu de sucre, avec de la vanille et du sirop d’érable. Mais on était pas super satisfaits.

C’est peut-être moi qui ne suis pas assez habituée (encore une question d’habitudes… ) ou j’ai peut-être fait de quoi de travers (genre pas mettre assez d’eau claire, ou mal respecter le temps de trempage). Mais je vais réessayer une autre fois, avant de mettre complètement l’idée de côté et d’essayer autre chose. Mais bref, c’est loin d’être  imbuvable. Amer, oui. Plus que les autres laits végétaux que j’ai bu. Mais c’était loin d’être mauvais quand même!

Je vous laisse donc la petite recette que j’ai utilisée (c’est celle du site de Prana), et vous pourrez faire vos propre tests si le coeur vous en dit:

  • Une tasse de graines de chanvre décortiquées.
  • 4 t. d’eau.
  • 4 c. à table de poudre de cacao.
  • 2 c. à table de sirop d’érable.
  • Une c. à thé d’essence de vanille.
  1. Faire tremper une tasse de graines de chanvre dans l’eau pendant au moins 4 heures. Drainer et rincer à l’eau claire.
  2. Mettre au mélangeur avec 4 tasses d’eau fraîche et mixer jusqu’à ce que les graines de chanvre soient pulvérisées.
  3. Filtrer avec un filtre à lait de noix, un tissu de coton ou un coton à fromage et transvider dans un pot en verre avec couvercle.
  4. Ajouter le cacao, le sirop d’érable et la vanille. Mélanger à nouveau au mélangeur, jusqu’à l’obtention d’un lait onctueux et homogène.
  5. Le lait se conserve au frigo durant 4-5 jours. S’il se sépare, secouez le pot pour re-mélanger le tout.

Voilà. Je vous souhaite de meilleurs résultats que les miens. Je vous en redonnerai des nouvelles quand je réessaierai d’en faire. 😉 Cheers pareil, là! ❤

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Pas besoin d’un nom…

Toute chose, ou tout concept, principe, élément, découlant du bien comme du mal, n’a pas besoin d’un nom pour exister…

Voilà le début d’une réflexion que je me suis faite en changeant la couche (de coton 😉 ) de mon petit viking ce matin.

Ce petit viking étant mon quatrième enfant (et non le dernier puisque bb5 est en route ❤ ), je me suis mise à penser à mon premier enfant, ma belle grande fille, la seule de mon  »équipe de soccer » d’ailleurs…

J’ai eu ma fille alors que je n’avais que 17 ans. Six jours après ma fête, très exactement. Pas la peine de perdre votre temps en jugements ici… Cette enfant était planifiée, voulue, désirée et a été ( et est encore!) aimée et soignée.

Cela étant dit, 17 ans, ça reste jeune, peu importe le projet entrepris. Quand on me disait qu’avoir un enfant ça changeait toute votre vie, je ne comprenais pas que le changement se passait beaucoup plus intérieurement et profondément qu’en surface et dans les activités du quotidien. Quoiqu’il y ait là aussi beaucoup de chamboulements, les plus grands et les plus importants se font direct dans les tripes, direct au coeur, direct dans l’essence même de ce que l’on est.

Sans savoir que je faisais comme la majorité des futurs parents, durant la grossesse je me suis mise à remettre en question l’héritage (éducationnel, moral, social, etc.), reçu de mes propres parents. J’en ai gardé, j’en ai laissé de côté, j’ai fait des choix. Beaucoup de choix. Sans jamais vraiment les nommer…

Par exemple, ma mère, comme beaucoup d’autres de sa génération, avait souffert (à tort ou à raison, là n’est pas la question) d’être née dans une grande famille (12 enfants) et d’avoir dû composer avec les maigres salaires de ses parents. Une des conséquences (ni bonne, ni mauvaise, cela n’est qu’un constat), a été de choisir des valeurs matérielles comme étant la base de ce qu’elle souhaitait offrir à ses enfants. Elle avait, à l’époque, durant sa première grossesse (moi ) pesé le pour et le contre de l’héritage reçu de ses propres parents, en a gardé et en a laissé, a fait sa petite valise et a construit sa vie. Du mieux qu’elle a pu, au mieux de ses connaissances et de ses capacités. Du moins on le souhaite! hihi! J’ai donc fait la même chose, en choisissant de ne pas mettre en avant plan ces mêmes valeurs matérielles. J’avais une autre conception de la vie, du rôle parental, de l’engagement que cela demandait, des sacrifices à faire, du temps à consacrer aux enfants, bref, je voyais ça autrement. Mais je ne mettais pas de mots sur les concepts auxquels je réfléchissais… Cependant, mes choix se définissaient, se concrétisaient doucement, faisant de plus en plus de sens au fur et à mesure que mes réflexions évoluaient.

Et puis ma fille est née. Et les changements internes se sont poursuivis, à vitesse grand V. Je me trouvais, me découvrais, dans cette relation, ce nouveau rôle. Je me définissais, je m’y sentais bien, de mieux en mieux avec le temps qui passait. Des décisions s’imposaient à moi alors que je n’y avais jamais pensé ni même porté attention. Comme d’allaiter. J’avais beau n’avoir que 17 ans, l’allaitement s’est présenté comme une évidence, une certitude, une conviction que je ne me connaissais pas jusque là. La petite devant être hospitalisée à la naissance pour un petit problème aux intestins et une jaunisse, j’ai tiré mon lait durant un peu plus de deux semaines, l’ai remis à la conseillère en allaitement de l’hôpital tous les jours durant son séjour, afin de m’assurer qu’elle aurait bien mon lait quand elle commencerait à se nourrir (elle était intubée en permanence…). La transition bouteille/allaitement a été difficile en sortant de l’hôpital, mais ça c’est une autre histoire! 😉

Puis, le manque d’espace aidant, le lit de bébé s’est retrouvé dans ma chambre. Toutes les nuits, quand elle se réveillait, je finissais par la garder avec moi dans mon lit afin de calmer ses douleurs au ventre plus facilement, plus efficacement et de réussir à mieux me reposer également. D’où me venait cette idée?! De ma grand-mère! Cette dernière, qui a eu 6 enfants, leur a tous permis de dormir dans son lit avec elle quand ils en avaient besoin. Son leitmotiv? – »J’aime mieux avoir 6 enfants dans mon lit et dormir un peu avec des enfants heureux, que d’avoir 6 enfants fatigués et au bout de leurs forces et moi au bout des miennes et ne pas dormir du tout! » Je trouvais que c’était tout simplement plein de bon sens!

En lien avec l’endormissement et le temps de sommeil, je me souviens m’être fait bercer, m’être fait chanter des chansons, m’être fait cajoler, au chaud, dans les bras de ceux qui prenaient soin de moi ❤ . À mon sens, il n’y avait pas d’autre façon d’endormir un bébé. Comme la cocotte avait eu des problèmes de bedon et qu’ils se sont poursuivis durant un moment dans sa vie, la porter sur moi, la tenir au chaud, la bercer, lui chanter des berceuses, la promener, ont fait partie de notre quotidien durant de longues années. J’ai cessé de chanter pour elle et de l’accompagner pour s’endormir alors qu’elle avait presque 12 ans… Elle s’en sentait rassurée, réconfortée, en sécurité, confortable et soulagée de ses douleurs. Et ce, malgré que d’autres enfants se soient ajoutés à la fratrie. Je ne me suis jamais posé de questions si c’était bien, mal, trop ou pas assez… C’était ce dont elle avait besoin, et je le lui offrais. Je faisais ma job comme on dit. Mais j’en retirais autant de bien-être qu’elle, puisque je la savais au meilleur de ce qu’elle pouvait ressentir.

Vint ensuite la question des aliments solides. En tant que parent d’un premier enfant, il est si facile de ne pas se faire confiance et de se mettre à se poser des milliers de questions sur le comment du pourquoi… Je n’y ai pas échappé. J’ai fait des erreurs. Comme nous en faisons tous. Mais le jour où j’ai compris que rien ne me servait de forcer mon enfant à manger, rien ne me servait de lui donner un horaire fixe pour les repas (ou de quoi que ce soit d’autre d’ailleurs), les choses se sont mises à se passer tellement mieux, tellement plus facilement et tellement plus respectueusement! Il aura encore une fois fallu cette vielle dame pour me faire remarquer que je ne mangeais pas la même chose à tous les petits déjeuners, ni à la même heure, ni selon la même quantité. Que quand je me relevais d’une nuit malade, je n’avais pas aussi faim que si j’étais en pleine forme. Que lorsqu’il faisait chaud j’avais moins faim, plus soif, plus envie de dormir et d’un peu moins m’activer au gros soleil toute la journée. Ces états de faits tout simples, si humbles et évidents, ne m’étaient jamais passés par l’esprit. À partir du moment où je les ai appliqués à ma fille, avec comme idée dirigeante qu’  »un enfant ne se laisse pas mourir de faim » (on exclu ici tout contexte de maladie grave, soyons réalistes svp…) les crises au moment des repas ont subitement cessé, mon stress est tombé, mon sentiment de culpabilité et mon besoin de contrôler aussi, et tout en a été facilité.

Il y a aussi cette attitude… Je me souviens d’une soirée chez des  »amis ». Little miss avait 8 ans je crois bien. Elle s’amusait avec les autres enfants (ces gens avaient 4 enfants). Ils jouaient tous au sous-sol, pendant que nous, les  »adultes », discutions dans la cuisine. La maman de ces enfants n’avait pas cessé de crier de la soirée! Elle criait pour qu’un des enfants l’entende du sous-sol et monte la voir, criait pour engueuler le plus grand qui avait cogné un plus petit, criait pour que sa plus jeune fille baisse le son de la musique, criait pour qu’ils viennent manger… Des cris à n’en plus finir! Un peu avant l’heure du repas, j’ai descendu quelques marches de l’escalier du sous-sol, et j’ai demandé à ma fille de venir me voir. Je n’ai pas eu besoin de crier, elle m’avait vue dans l’escalier. Je l’ai avisée que nous allions manger dans quelques minutes, de se préparer à monter. Le tout avec un câlin rapide et un sourire. Dix minutes plus tard, ma fille montait, seule et s’assoyait à la table pendant que l’autre maman hurlait pour que ses enfants viennent manger… Cette soirée m’a marquée ad vitam aeternam.

J’ai vieilli, eu d’autres enfants, lu, appris… J’ai su quelle importance avait l’allaitement. Autant au plan scientifique et biologique qu’émotionnel et cérébral. J’ai su que partout ailleurs qu’en Occident, les enfants partagent la couche de leurs parents et que cela se nomme le co-dodo. Que de tenir mes enfants dans mes bras de longues heures par jour, de les porter et les transporter sur moi, s’appelle le portage. Que de se fier à l’instinct de l’enfant pour le nourrir, de se fier à son appétit, à sa capacité motrice et à sa curiosité, sont les principes moteurs de la  »diversification menée par l’enfant » (DME). Que de ne pas crier sur mes enfants, de ne pas leur infliger de châtiments corporels, de ne pas les humilier, de les respecter, de me mettre à leur hauteur pour leur parler et de prendre le temps de leur expliquer les choses (les consignes autant que leurs questions sur la Vie), s’appelle l’éducation bienveillante.

Ces quelques principes, qui, malgré que je les ai par moments involontairement mis de côté et mis à l’épreuve selon certains contextes de ma vie, ont toujours été ce qui a motivé et guidé mon attitude et mes choix parentaux. Tous mes enfants en ont profité. Même le deuxième, mon 007, avec toutes les caractéristiques de ce que je sais aujourd’hui être un BABI (bébé aux besoins intenses), a bénéficié de cette patience, de ce portage, de ces câlins, de cet amour, peu importait l’heure du jour ou de la nuit où ils en a eu besoin. Tout cela se résume en une seule expression: le maternage proximal. Aujourd’hui je le sais. Mais ce n’est vraiment pas important. Toutes ces choses existaient sans que j’en connaisse le nom. Et elles existaient bien avant que la psychologie populaire y mette des noms et des étiquettes. Elles ont toujours existé et ont longtemps été guidées par l’instinct.

Malgré qu’aujourd’hui trop de parents en perdent leur latin avec toutes les recommandations, les conseils des beaux-parents, les jugements des autres, les livres bourrés de principes souvent faux voir dangereux, le maternage proximal et ses bienfaits reprennent du service et le dessus sur les méthodes de dressage du sommeil, sur l’éloignement dit volontaire d’entre la mère et son nouveau-né, sur la sur-médicalisation de la grossesse et de l’accouchement. Mais tout cela avait cours bien avant aujourd’hui. Bien avant qu’on en oublie notre instinct entre deux pages de bouquin, deux nuits blanches, deux bouchées de nourriture en pots… Pas besoin d’y mettre un nom, pour que ça existe… et pour en tirer des bienfaits. ❤

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